Paroisse Saint Thomas d'Aquin
 Paroisse Saint Thomas d'Aquin

                                Homélies de l'automne 2017

Avent 2ème dimanche Année B

 

 

 

 

 

Jean Baptiste

 

Isaïe  40,1-5.9-11    Psaume 84    2 Pierre 3,8-14     Marc 1,1-8

 

« Commencement de l’Evangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu ». Ainsi débute l’évangile de Saint Marc… Ceci ressemble au début de l’évangile de Saint Jean, à son prologue : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu… ». Quant à Matthieu, il commence son évangile en déclinant la généalogie de Jésus, fils de David et fils d’Abraham. Le dernier évangile, celui de Luc, a une approche plus historique.

La question n’est pas de faire ici une analyse exégétique et nous allons bien sûr nous intéresser à l’évangile de ce dimanche. Saint Marc écrit: « Commencement de l’Evangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu ». Ce qui est surprenant, c’est que dans les versets qui suivent, Marc ne parle pas de Jésus-Christ mais de Jean, celui qui le précède et annonce sa venue. Jean proclame un baptême d’eau, symbole de purification, purification apparemment préalable et nécessaire pour accueillir le Baptême de l’Esprit Saint donné par celui qui vient derrière Jean-Baptiste.

Ces deux baptêmes nous paraissent étranges. Nous, à notre baptême, nous avons reçu l’Esprit Saint. Alors, pourquoi revenir sur le baptême d’eau et la purification qu’il signifie ?

En allant à l’essentiel, je dirai qu’il nous est impossible d’accueillir l’Esprit Saint, autrement dit la vie même de Dieu, sans nous y préparer. Qu’est-ce que cela signifie ? Le texte d’aujourd’hui nous le dit. Il nous faut écouter cette voix qui proclame : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit dans les terres arides une route pour notre Dieu ». Et Jean poursuit : il faut abaisser toute colline, combler les escarpements, aplanir les sommets… Alors, mais alors seulement, se révèlera la gloire du Seigneur.

Tout cela nous paraît un peu abstrait et nécessite une image concrète. Je vais vous en donner une qui nous parle et nous touche tous: la maladie et la santé… Le plus souvent, les diverses formes de maladie sont invalidantes et nous empêchent de vivre normalement. Guérir et retrouver la santé, c’est retrouver notre capacité à aller et venir, à agir, à entreprendre, à créer, à aimer, à sortir de nous pour nous intéresser aux autres et à se battre pour qu’ils aient une vie normale. Comme chacun le sait, ce qui importe à Dieu c’est que nous pratiquions la justice. Il y en a peut-être parmi vous qui sont particulièrement résistants au mal, mais personnellement je trouve qu’avoir une rage de dents ou des maux de tête incite plus au repli sur soi qu’au service des autres !

Certains pensent que leur vie est sans histoire : un peu d’égoïsme, un zeste d’indifférence, quelques mots méchants, quelques petites jalousies et rancœurs… Bref une vie médiocre mais somme toute innocente ; une sorte de maladie bénigne qui n’empêche pas Dieu de faire en nous sa demeure. Ce n’est pas complétement faux, mais ce n’est pas pour autant que c’est vrai. Aller s’installer chez quelqu’un qui ne range jamais et qui ne fait jamais le ménage… c’est sympathique, mais au bout d’un moment cela gâche un peu le plaisir.

Ce qui est bien avec Dieu, c’est que si on le lui demande gentiment, il nous aide à remettre de l’ordre dans nos vies. Mais pour cela il y a quand même une condition : il faut lui demander son aide et accepter qu’il nous aide. Dans la tradition chrétienne, demander de l’aide à Dieu, c’est lui dire sa foi, c’est-à-dire sa confiance en lui ; c’est également professer son espérance dans le fait qu’il nous entendra ; enfin c’est exercer la charité qui restera à jamais le meilleur antidote au manque de charité.

Reste évidemment le sacrement de pénitence et de réconciliation. J’aime mieux cette formule développée à celle qui consiste à parler du sacrement de réconciliation. Pénitence n’est pas le synonyme d’exploits héroïques nous donnant des droits sur le pardon de Dieu. Mais l’avantage du mot pénitence, c’est qu’il dit que nous avons conscience que nous faisons le mal que nous ne voudrions pas faire et que nous n’arrivons pas à faire le bien que nous voudrions faire.

Le mot de pénitence à l’avantage de dire  clairement notre désir que des choses changent vraiment dans nos existences. La foi en ce  changement ne relève pas de la magie mais de notre confiance dans les paroles du Christ disant que ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu !

 

Père Louis Valentin

 

 

 Dimanche 8 octobre - Temps ordinaire 27ème dimanche Année A

 

Dieu est tenace

Isaïe 5, 1-7    Psaume 79    Philippiens 4, 6-9    Matthieu 21, 33-43

 

            Je ne sais si l’automne et les vendanges ont guidé l’Eglise dans le choix des évangiles de ces derniers dimanches, mais l’on peut dire que l’image de la vigne y est omniprésente.

 

            Aujourd’hui nous n’avons pas un mais deux textes concernant la vigne : le chant du bien-aimé à sa vigne, d’Isaïe, et la  parabole des vignerons homicides.

 

            Tout d’abord Isaïe. Il met dans la bouche de Dieu qu’il attendait de sa vigne de beaux raisins mais que celle-ci en a donné de mauvais : « Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ?  J’attendais de beaux raisins ; pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, … ».

Les responsables de ce gâchis sont désignés : la maison d’Israël, les hommes de Judas qui ont pratiqué le meurtre et poussé des cris contre Dieu. Il est important de noter au passage qu’il n’y est pas question de faire périr quiconque !

 

            Ce chant d’Isaïe, très connu en Israël, va être mis en parabole par Jésus. Contrairement à Isaïe, il semblerait que la vigne ait bel et bien porté du fruit. Le problème est le suivant. Quant est venu le temps des vendanges, le Maître revient et les vignerons refusent de remettre à son propriétaire le produit de sa vigne. Ils frappent, lapident et tuent ses serviteurs… Alors le Maître envoie son fils pensant qu’ils vont le respecter. Mais son fils connaît le même sort que les serviteurs. Les vignerons vont le tuer se disant qu’ils auront ainsi son héritage. Les problèmes d’héritage sont parfois tant soit peu épineux et conflictuels, mais là nous atteignons le sordide.

 

            Quand Jésus demande à ses auditeurs quel sort le maître de la vigne va réserver à ces vignerons, ces derniers lui répondent que le Maître va faire périr misérablement ces misérables et qu’il va louer sa terre à d’autres vignerons. Jésus leur fait une réponse étrange. Deux détails, si j’ose dire, sont intrigants :

 

  1. Non, le maître de la vigne ne va pas faire exécuter les vignerons homicides. Il va se contenter de leur retirer la vigne, autant dire le Royaume, pour en confier la gestion à une nation qui lui fera produire ses fruits

 

  1. Le plus étonnant reste l’annonce que Dieu va transformer la pierre rejetée en pierre d’angle.

Il ne s’agit pas d’un tour de magie. Nous savons qu’il s’agit d’une annonce de la résurrection. C’est cela la vraie merveille dont Jésus parle.

 

            De cette parabole, ainsi d’ailleurs que du chant d’Isaïe, nous pouvons affiner notre image de Dieu :

 

  1. Dieu n’est pas un Dieu vengeur. Contrairement aux vignerons homicides, Dieu n’est pas un assassin. En réalité, il n’obéit même pas à la Loi du Talion mais à celle de l’amour. Il ne faudrait pas penser que les paroles du Christ en croix soit un hasard : « Père, pardonne-leur… ». Jésus sait que son Père n’est que pardon. Son Père exerce tout à la fois la Justice et la Miséricorde. Nous savons par expérience que manier les deux à la fois est un art difficile !

 

  1. L’Eglise est devenue la vigne et nous les vignerons. De par notre baptême nous avons été embauchés. Nous sommes en quelque sorte des O.S.  R des Ouvriers Spécialisés dans la venue du Royaume. Mais cette sorte de contrat comporte une clause tacite. Elle est exprimée par Jésus lui-même quand il déclare que quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour ie royaume de Dieu. Cette phrase m’a toujours inquiété car je crains d’avoir parfois regardé (un peu) en arrière) !

 

  1. Enfin ces textes m’ont inspiré une troisième et dernière idée. Je ne sais pas s’il est convenable de dire que Dieu est tenace. Ce qui est sûr, c’est qu’il sait ce qu’il veut et qu’il est patient et persévérant. Il ne renoncera jamais jusqu’à ce que sa vigne porte du fruit et du bon fruit ! Tant mieux, car c’est sur cette volonté sans faille de Dieu qu’est fondée notre espérance et notre propre persévérance.

Père Louis Valentin

 

Dimanche 1er octobre 2017 ; Mt 21, 28-32

lancement de l’année pastorale

 

Lequel a fait la volonté du Père ? C’est avec cette question que je voudrais lancer cette année pastorale. Faire la volonté de Dieu, c’est cela que nous devons désirer avant tout et que nous devons demander dans notre prière, chacun personnellement mais aussi pour l’Eglise que nous formons et dont nous sommes les membres.

Faire la volonté de Dieu, c’est participer à la construction de son Royaume, c’est travailler à sa vigne qui est le champ du monde et qui est dans son sens le plus large, le Christ total, toute l’humanité sauvée dans le sang du Christ. Dans cette vigne, chacun a sa place et le contenu de la mission que le Seigneur nous donne peut être décliné ainsi, selon le triptyque donné pour tout le diocèse, en 2015, par notre archevêque, Mgr André Vingt-Trois : Annoncer, Partager, Transmettre.

Les catholiques à Paris sont en effet invités à développer des initiatives dans ces trois domaines qui sont en fait liés : des initiatives missionnaires d’annonce du Christ, des initiatives pour la transmission de la foi, des initiatives dans le domaine de la solidarité et pour le partage.

En invitant les catholiques « à percevoir, et à faire percevoir, le lien qui existe entre ces trois orientations », le cardinal explique : « Si je prends l’exemple de la transmission et du partage, il ne s’agit pas simplement de transmettre la foi mais il s’agit de transmettre une pratique de la charité. La transmission n’est pas seulement celle de connaissances, c’est la transmission d’une mise en œuvre (…) On voit bien aujourd’hui où la générosité et la capacité d’engagement des chrétiens, ou même de non chrétiens, est sollicitée ».

En ce dimanche où nous lançons l’année pastorale de la paroisse, je souhaite que nous puissions approfondir ce lien entre les trois éléments de cette mission dans notre quartier, avec un accent sur la mise en œuvre de notre foi.

C’est pourquoi, un cycle de conférences-témoignages sur « les Solidarités » se tiendra pour que chacun puisse trouver la possibilité de s’engager et de mieux exprimer la générosité qui est lui. L’accueil des étrangers par l’alphabétisation (le 10 octobre), l’accueil des personnes en situation précaire par le partage alimentaire (le 21 novembre), la connaissance des nouvelles formes de pauvreté (le 6 mars). A chaque fois, des acteurs de terrain ayant lancés des initiatives en ces domaines respectifs, feront part de leur expérience.

Cela répond à l’appel contenu dans les passages de l’Evangile lu ces derniers dimanches et notamment aujourd’hui : « Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne ».

Pour le fidèle laïc, cette mission consiste d’abord à insuffler les valeurs de l’Evangile dans la société, dans toutes les activités quotidiennes, familiales, professionnelles, de loisirs ou autres. Le concile Vatican II a remis en valeur cet appel de la vocation du fidèle laïc dans les réalités temporelles. Evidemment, la paroisse a aussi besoin de personnes engagées pour le fonctionnement de ses services mais ces engagements ne contreviennent pas à la mission dans la société dans la mesure où ils sont résolument orientés vers la mission, vers l’annonce, le partage et la transmission.

C’est à chacun de discerner ce dont il a besoin et ce dont il est capable, les formes d’implication étant multiples mais, pour reprendre saint Paul, chacun doit prendre sa part dans la transmission de l'Evangile.

Jérôme Angot, curé

 

 

 

Homélie, 24 septembre 2017, 25eme dimanche du TO

 

Nous voici confrontés de nouveau à cette parabole, qui suscite souvent de l’incompréhension et des questions, parce qu’au fond, elle nous perturbe.

En ce temps de rentrée pastorale où nous recevons des sollicitations et formons des projets, ce texte tombe opportunément pour purifier notre approche de Dieu, de son Royaume.

 

1)  Tout d’abord, ce dont il est question, c’est du Royaume de Dieu ; « Le Royaume des cieux est comparable au Maître d’un domaine … ». Jésus donc ne nous parle pas d’un royaume terrestre et temporel qui un jour ou l’autre prendrait fin. Il parle du ciel, c’est-à-dire d’une réalité qui n’est pas une construction de l’homme mais qui appartient à Dieu seul et qui nous dépasse, dont les chemins sont élevés au-dessus de nos chemins pour reprendre les paroles d’Isaïe !

Les raisonnements qui peuvent être valables pour la vie sociale (par exemple donner à chacun selon le nombre d’heures travaillées) ne peuvent être transposés au Bien suprême de la vie éternelle qui est au-delà du monde et qui dépasse la justice humaine et distributive.

Dieu veut donner le meilleur à tous ses enfants sans exception, c’est-à-dire, à tous ceux qui le reconnaissent comme Père en son Fils Jésus-Christ ! Il ne s’agit donc pas d’un salut donné à tous indistinctement, mais d’un salut qui est le fruit d’une relation authentique de Père à fils avec la reconnaissance et l’amour que cela suppose.

 

2) Pour nous aider à entrer dans cette reconnaissance et cette action de grâce, Jésus explique qu’il ne cesse de venir et d’appeler : le maître du domaine sortit dès le matin et ensuite aux différentes heures de la journée que l’on peut interpréter avec Grégoire le Grand, comme les âges de la vie où nous sommes toujours et encore appelés à répondre au don de Dieu. D’autres Pères de l’Eglise ont interprété plus largement ces sorties répétées du Maître de la parabole comme  correspondant à l’appel des deux alliances, l’ancienne conclue entre Dieu et les juifs d’abord, puis la Nouvelle alliance dans le Christ ouverte à toute l’humanité.

Dans cette alliance, nous pouvons répondre à tout moment, ce qui signifie certes que certains répondent plus tôt que d’autres, mais étant entendu qu’il s’agit d’une grâce, d’un don de Dieu dont nous ne sommes pas propriétaires, où les comparaisons et la jalousie n’ont pas leur place. Aussi, cette venue incessante du Seigneur dans notre vie, dit notre grande responsabilité.

 

3) C’est pourquoi, la grâce qui nous est donnée de nous savoir aimés de Dieu est en même temps une mission ! « Allez, vous aussi à ma vigne » ! Cette vigne c’est le champ du monde mais dont nous-mêmes faisons partie. Chacun d’entre nous a besoin d’être travaillé et émondé par la grâce de Dieu pour qu’elle porte du fruit. N’avons-nous pas en effet parfois murmurés contre le Maître du domaine pour lui lancer nos reproches et insatisfactions ? Ne lui reprochons-nous pas souvent sa trop grande patience et bonté à l’égard des autres ? « Allez, vous aussi à ma vigne ». Commentant cette parabole, saint Jean-Paul II disait, qu’en vérité, il n’est permis à personne de ne rien faire. C’est donc la responsabilité de l’Eglise et des baptisés de toujours mieux annoncer le Royaume, mais c’est aussi la responsabilité de tout homme de s’ouvrir à la grâce de Dieu, en sortant de son indifférence ou de son oisiveté.

En résumé,  nous devons sortir de nos calculs trop humains que nous appliquons au Royaume de Dieu. Le Bien suprême pour l’homme, c’est la vision et la Gloire de Dieu. Que nous ayons accueilli la grâce de la foi très tôt ou plus tard, c’est pour partager la vie de Dieu où il y a de nombreuses demeures, où chacun a sa place ; ainsi le Bon larron n’a pris la place de personne, il est venu enrichir la gloire de Dieu.

Les premiers et les derniers de la parabole ne font donc pas référence à une hiérarchie qui existerait entre les sauvés, entre les enfants de Dieu, mais signifient que tous peuvent se convertir et découvrir l’amour de Dieu qui n’est pas limité. C’est pourquoi, cet Evangile est plein d’espérance, rappelant que l’avenir de l’homme est toujours ouvert en étant sans cesse appelé à reconnaître l’Amour de Dieu, à en vivre et en témoigner et que par conséquent il est temps, et même urgent, d’aller aussi à la vigne du Seigneur.

Jérôme Angot, curé

 

Homélie 3/09/2017, 22eme D. du T.O (Mt 16, 21-27)

 

La perspective de cet Evangile n’est pas très réjouissante : ce que nous dit Jésus pourrait largement nous décourager en cette période de rentrée. Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup … être tué. Pourtant, cet Evangile annonce une révolution, celle où Jésus va restaurer toutes choses, faire toutes choses nouvelles et créer la seule espérance qui vaille, l’espérance chrétienne.

Les débuts étaient a priori plutôt prometteurs pour les disciples qui étaient dans une sorte d’euphorie ou de satisfaction, grâce à Pierre et sa confession de foi à Césarée de Philippe. A la question pour vous qui suis-je, ils semblaient avoir tout compris : tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! La condition de disciple pouvait apparaître gratifiante. Etre disciple du Messie, l’envoyé de Dieu, qui allait restaurer toutes choses en Israël !

Et puis, Jésus assombrit le tableau : il parle de souffrance et de mort mais il est vrai aussi de résurrection. Jésus dit « qu’il fallait » comme s’il y avait un engrenage mortifère qui s’imposerait à lui, un passage obligé. La fin de ce chapitre 16 de saint Matthieu marque d’ailleurs comme un reflux avec cette première annonce de la Passion vers laquelle s’avance désormais Jésus avec détermination.

 

1er enseignement :

Jésus par cet Evangile nous rappelle que c’est lui qui nous sauve et que son mystère pascal, il le réalise pour nous et que pour bénéficier de ce salut, il nous invite à le suivre, en vivant de ce salut déjà obtenu. En cela, il est bien le chemin qui conduit à la vérité et à la vie et ce qui nous apparaît impossible, ne l’est pas pour Dieu ! Il ne s’agit donc pas d’un sauve qui peut général où chacun devrait essayer de s’en sortir au meilleur compte. C’est Dieu qui sauve ; c’est le sens même de l’appellation Jésus ! Dans cette perspective, nous n’avons donc pas à nous sauver nous-même mais à nous laisser sauver par le Christ en accueillant son salut. Suivre le Christ, c’est une attitude de réception active, appliquée à tout ce que nous vivons.

 

2eme enseignement :

Les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées, elles ne sont pas celles des hommes. Et pour comprendre les pensées de Dieu, saint Paul dit en effet que nous avons besoin de nous laisser transformer en renouvelant notre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu ! Suivre le Christ c’est aussi accepter de se laisser transformer dans un processus continu de dépouillement pour donner sa vie et non la garder pour soi.

Les disciples ont eu besoin de temps, ils n’ont pas vraiment compris tant qu’ils n’ont pas été mis devant l’évidence de la résurrection, souvenons-nous des disciples d’Emmaüs ! Ou de Thomas l’apôtre ou encore de Paul sur le chemin de Damas. Ils ont fini par comprendre qu’il fallait tout donner pour trouver la vie après bien des résistances.

Au fond, pour nous, devant l’invitation de Jésus à le suivre en prenant notre croix, c’est sans doute là que se situe la difficulté. Croyons-nous et vivons-nous dans la force de la tendresse de Dieu ? Avons-nous été séduits par l’amour de Dieu au point d’en être saisis au-delà de toutes les occupations et les pensées de ce monde ? Faisons-nous confiance en la force de l’amour vainqueur de la mort, en la toute-puissance de cet amour de Dieu malgré tous les motifs de découragements et les séductions mondaines ?

 

Certainement, nous devons revenir, comme Jérémie, à l’amour premier de notre rencontre avec le Christ mais qui s’est un peu affadi en nos cœurs ! Car Jésus nous le rappelle, la rencontre avec Lui est toujours d’actualité, elle est même encore devant nous, cat il reviendra dans sa Gloire pour cueillir les fruits de l’amour que nous aurons laissé germer dans nos vies.

 

Jérôme Angot, curé

 

 

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