Paroisse Saint Thomas d'Aquin
 Paroisse Saint Thomas d'Aquin

Homélies octobre 2017

 

 Dimanche 8 octobre - Temps ordinaire 27ème dimanche Année A

 

Dieu est tenace

Isaïe 5, 1-7    Psaume 79    Philippiens 4, 6-9    Matthieu 21, 33-43

 

            Je ne sais si l’automne et les vendanges ont guidé l’Eglise dans le choix des évangiles de ces derniers dimanches, mais l’on peut dire que l’image de la vigne y est omniprésente.

 

            Aujourd’hui nous n’avons pas un mais deux textes concernant la vigne : le chant du bien-aimé à sa vigne, d’Isaïe, et la  parabole des vignerons homicides.

 

            Tout d’abord Isaïe. Il met dans la bouche de Dieu qu’il attendait de sa vigne de beaux raisins mais que celle-ci en a donné de mauvais : « Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ?  J’attendais de beaux raisins ; pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, … ».

Les responsables de ce gâchis sont désignés : la maison d’Israël, les hommes de Judas qui ont pratiqué le meurtre et poussé des cris contre Dieu. Il est important de noter au passage qu’il n’y est pas question de faire périr quiconque !

 

            Ce chant d’Isaïe, très connu en Israël, va être mis en parabole par Jésus. Contrairement à Isaïe, il semblerait que la vigne ait bel et bien porté du fruit. Le problème est le suivant. Quant est venu le temps des vendanges, le Maître revient et les vignerons refusent de remettre à son propriétaire le produit de sa vigne. Ils frappent, lapident et tuent ses serviteurs… Alors le Maître envoie son fils pensant qu’ils vont le respecter. Mais son fils connaît le même sort que les serviteurs. Les vignerons vont le tuer se disant qu’ils auront ainsi son héritage. Les problèmes d’héritage sont parfois tant soit peu épineux et conflictuels, mais là nous atteignons le sordide.

 

            Quand Jésus demande à ses auditeurs quel sort le maître de la vigne va réserver à ces vignerons, ces derniers lui répondent que le Maître va faire périr misérablement ces misérables et qu’il va louer sa terre à d’autres vignerons. Jésus leur fait une réponse étrange. Deux détails, si j’ose dire, sont intrigants :

 

  1. Non, le maître de la vigne ne va pas faire exécuter les vignerons homicides. Il va se contenter de leur retirer la vigne, autant dire le Royaume, pour en confier la gestion à une nation qui lui fera produire ses fruits

 

  1. Le plus étonnant reste l’annonce que Dieu va transformer la pierre rejetée en pierre d’angle.

Il ne s’agit pas d’un tour de magie. Nous savons qu’il s’agit d’une annonce de la résurrection. C’est cela la vraie merveille dont Jésus parle.

 

            De cette parabole, ainsi d’ailleurs que du chant d’Isaïe, nous pouvons affiner notre image de Dieu :

 

  1. Dieu n’est pas un Dieu vengeur. Contrairement aux vignerons homicides, Dieu n’est pas un assassin. En réalité, il n’obéit même pas à la Loi du Talion mais à celle de l’amour. Il ne faudrait pas penser que les paroles du Christ en croix soit un hasard : « Père, pardonne-leur… ». Jésus sait que son Père n’est que pardon. Son Père exerce tout à la fois la Justice et la Miséricorde. Nous savons par expérience que manier les deux à la fois est un art difficile !

 

  1. L’Eglise est devenue la vigne et nous les vignerons. De par notre baptême nous avons été embauchés. Nous sommes en quelque sorte des O.S.  R des Ouvriers Spécialisés dans la venue du Royaume. Mais cette sorte de contrat comporte une clause tacite. Elle est exprimée par Jésus lui-même quand il déclare que quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour ie royaume de Dieu. Cette phrase m’a toujours inquiété car je crains d’avoir parfois regardé (un peu) en arrière) !

 

  1. Enfin ces textes m’ont inspiré une troisième et dernière idée. Je ne sais pas s’il est convenable de dire que Dieu est tenace. Ce qui est sûr, c’est qu’il sait ce qu’il veut et qu’il est patient et persévérant. Il ne renoncera jamais jusqu’à ce que sa vigne porte du fruit et du bon fruit ! Tant mieux, car c’est sur cette volonté sans faille de Dieu qu’est fondée notre espérance et notre propre persévérance.

Père Louis Valentin

 

 

Dimanche 1er octobre 2017 ; Mt 21, 28-32

lancement de l’année pastorale

 

Lequel a fait la volonté du Père ? C’est avec cette question que je voudrais lancer cette année pastorale. Faire la volonté de Dieu, c’est cela que nous devons désirer avant tout et que nous devons demander dans notre prière, chacun personnellement mais aussi pour l’Eglise que nous formons et dont nous sommes les membres.

Faire la volonté de Dieu, c’est participer à la construction de son Royaume, c’est travailler à sa vigne qui est le champ du monde et qui est dans son sens le plus large, le Christ total, toute l’humanité sauvée dans le sang du Christ. Dans cette vigne, chacun a sa place et le contenu de la mission que le Seigneur nous donne peut être décliné ainsi, selon le triptyque donné pour tout le diocèse, en 2015, par notre archevêque, Mgr André Vingt-Trois : Annoncer, Partager, Transmettre.

Les catholiques à Paris sont en effet invités à développer des initiatives dans ces trois domaines qui sont en fait liés : des initiatives missionnaires d’annonce du Christ, des initiatives pour la transmission de la foi, des initiatives dans le domaine de la solidarité et pour le partage.

En invitant les catholiques « à percevoir, et à faire percevoir, le lien qui existe entre ces trois orientations », le cardinal explique : « Si je prends l’exemple de la transmission et du partage, il ne s’agit pas simplement de transmettre la foi mais il s’agit de transmettre une pratique de la charité. La transmission n’est pas seulement celle de connaissances, c’est la transmission d’une mise en œuvre (…) On voit bien aujourd’hui où la générosité et la capacité d’engagement des chrétiens, ou même de non chrétiens, est sollicitée ».

En ce dimanche où nous lançons l’année pastorale de la paroisse, je souhaite que nous puissions approfondir ce lien entre les trois éléments de cette mission dans notre quartier, avec un accent sur la mise en œuvre de notre foi.

C’est pourquoi, un cycle de conférences-témoignages sur « les Solidarités » se tiendra pour que chacun puisse trouver la possibilité de s’engager et de mieux exprimer la générosité qui est lui. L’accueil des étrangers par l’alphabétisation (le 10 octobre), l’accueil des personnes en situation précaire par le partage alimentaire (le 21 novembre), la connaissance des nouvelles formes de pauvreté (le 6 mars). A chaque fois, des acteurs de terrain ayant lancés des initiatives en ces domaines respectifs, feront part de leur expérience.

Cela répond à l’appel contenu dans les passages de l’Evangile lu ces derniers dimanches et notamment aujourd’hui : « Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne ».

Pour le fidèle laïc, cette mission consiste d’abord à insuffler les valeurs de l’Evangile dans la société, dans toutes les activités quotidiennes, familiales, professionnelles, de loisirs ou autres. Le concile Vatican II a remis en valeur cet appel de la vocation du fidèle laïc dans les réalités temporelles. Evidemment, la paroisse a aussi besoin de personnes engagées pour le fonctionnement de ses services mais ces engagements ne contreviennent pas à la mission dans la société dans la mesure où ils sont résolument orientés vers la mission, vers l’annonce, le partage et la transmission.

C’est à chacun de discerner ce dont il a besoin et ce dont il est capable, les formes d’implication étant multiples mais, pour reprendre saint Paul, chacun doit prendre sa part dans la transmission de l'Evangile.

Jérôme Angot, curé

 

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