Paroisse Saint Thomas d'Aquin
 Paroisse Saint Thomas d'Aquin

Homélies de septembre 2017

Homélie, 24 septembre 2017, 25eme dimanche du TO

 

Nous voici confrontés de nouveau à cette parabole, qui suscite souvent de l’incompréhension et des questions, parce qu’au fond, elle nous perturbe.

En ce temps de rentrée pastorale où nous recevons des sollicitations et formons des projets, ce texte tombe opportunément pour purifier notre approche de Dieu, de son Royaume.

 

1)  Tout d’abord, ce dont il est question, c’est du Royaume de Dieu ; « Le Royaume des cieux est comparable au Maître d’un domaine … ». Jésus donc ne nous parle pas d’un royaume terrestre et temporel qui un jour ou l’autre prendrait fin. Il parle du ciel, c’est-à-dire d’une réalité qui n’est pas une construction de l’homme mais qui appartient à Dieu seul et qui nous dépasse, dont les chemins sont élevés au-dessus de nos chemins pour reprendre les paroles d’Isaïe !

Les raisonnements qui peuvent être valables pour la vie sociale (par exemple donner à chacun selon le nombre d’heures travaillées) ne peuvent être transposés au Bien suprême de la vie éternelle qui est au-delà du monde et qui dépasse la justice humaine et distributive.

Dieu veut donner le meilleur à tous ses enfants sans exception, c’est-à-dire, à tous ceux qui le reconnaissent comme Père en son Fils Jésus-Christ ! Il ne s’agit donc pas d’un salut donné à tous indistinctement, mais d’un salut qui est le fruit d’une relation authentique de Père à fils avec la reconnaissance et l’amour que cela suppose.

 

2) Pour nous aider à entrer dans cette reconnaissance et cette action de grâce, Jésus explique qu’il ne cesse de venir et d’appeler : le maître du domaine sortit dès le matin et ensuite aux différentes heures de la journée que l’on peut interpréter avec Grégoire le Grand, comme les âges de la vie où nous sommes toujours et encore appelés à répondre au don de Dieu. D’autres Pères de l’Eglise ont interprété plus largement ces sorties répétées du Maître de la parabole comme  correspondant à l’appel des deux alliances, l’ancienne conclue entre Dieu et les juifs d’abord, puis la Nouvelle alliance dans le Christ ouverte à toute l’humanité.

Dans cette alliance, nous pouvons répondre à tout moment, ce qui signifie certes que certains répondent plus tôt que d’autres, mais étant entendu qu’il s’agit d’une grâce, d’un don de Dieu dont nous ne sommes pas propriétaires, où les comparaisons et la jalousie n’ont pas leur place. Aussi, cette venue incessante du Seigneur dans notre vie, dit notre grande responsabilité.

 

3) C’est pourquoi, la grâce qui nous est donnée de nous savoir aimés de Dieu est en même temps une mission ! « Allez, vous aussi à ma vigne » ! Cette vigne c’est le champ du monde mais dont nous-mêmes faisons partie. Chacun d’entre nous a besoin d’être travaillé et émondé par la grâce de Dieu pour qu’elle porte du fruit. N’avons-nous pas en effet parfois murmurés contre le Maître du domaine pour lui lancer nos reproches et insatisfactions ? Ne lui reprochons-nous pas souvent sa trop grande patience et bonté à l’égard des autres ? « Allez, vous aussi à ma vigne ». Commentant cette parabole, saint Jean-Paul II disait, qu’en vérité, il n’est permis à personne de ne rien faire. C’est donc la responsabilité de l’Eglise et des baptisés de toujours mieux annoncer le Royaume, mais c’est aussi la responsabilité de tout homme de s’ouvrir à la grâce de Dieu, en sortant de son indifférence ou de son oisiveté.

En résumé,  nous devons sortir de nos calculs trop humains que nous appliquons au Royaume de Dieu. Le Bien suprême pour l’homme, c’est la vision et la Gloire de Dieu. Que nous ayons accueilli la grâce de la foi très tôt ou plus tard, c’est pour partager la vie de Dieu où il y a de nombreuses demeures, où chacun a sa place ; ainsi le Bon larron n’a pris la place de personne, il est venu enrichir la gloire de Dieu.

Les premiers et les derniers de la parabole ne font donc pas référence à une hiérarchie qui existerait entre les sauvés, entre les enfants de Dieu, mais signifient que tous peuvent se convertir et découvrir l’amour de Dieu qui n’est pas limité. C’est pourquoi, cet Evangile est plein d’espérance, rappelant que l’avenir de l’homme est toujours ouvert en étant sans cesse appelé à reconnaître l’Amour de Dieu, à en vivre et en témoigner et que par conséquent il est temps, et même urgent, d’aller aussi à la vigne du Seigneur.

Jérôme Angot, curé

 

Homélie 3/09/2017, 22eme D. du T.O (Mt 16, 21-27)

 

La perspective de cet Evangile n’est pas très réjouissante : ce que nous dit Jésus pourrait largement nous décourager en cette période de rentrée. Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup … être tué. Pourtant, cet Evangile annonce une révolution, celle où Jésus va restaurer toutes choses, faire toutes choses nouvelles et créer la seule espérance qui vaille, l’espérance chrétienne.

Les débuts étaient a priori plutôt prometteurs pour les disciples qui étaient dans une sorte d’euphorie ou de satisfaction, grâce à Pierre et sa confession de foi à Césarée de Philippe. A la question pour vous qui suis-je, ils semblaient avoir tout compris : tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! La condition de disciple pouvait apparaître gratifiante. Etre disciple du Messie, l’envoyé de Dieu, qui allait restaurer toutes choses en Israël !

Et puis, Jésus assombrit le tableau : il parle de souffrance et de mort mais il est vrai aussi de résurrection. Jésus dit « qu’il fallait » comme s’il y avait un engrenage mortifère qui s’imposerait à lui, un passage obligé. La fin de ce chapitre 16 de saint Matthieu marque d’ailleurs comme un reflux avec cette première annonce de la Passion vers laquelle s’avance désormais Jésus avec détermination.

 

1er enseignement :

Jésus par cet Evangile nous rappelle que c’est lui qui nous sauve et que son mystère pascal, il le réalise pour nous et que pour bénéficier de ce salut, il nous invite à le suivre, en vivant de ce salut déjà obtenu. En cela, il est bien le chemin qui conduit à la vérité et à la vie et ce qui nous apparaît impossible, ne l’est pas pour Dieu ! Il ne s’agit donc pas d’un sauve qui peut général où chacun devrait essayer de s’en sortir au meilleur compte. C’est Dieu qui sauve ; c’est le sens même de l’appellation Jésus ! Dans cette perspective, nous n’avons donc pas à nous sauver nous-même mais à nous laisser sauver par le Christ en accueillant son salut. Suivre le Christ, c’est une attitude de réception active, appliquée à tout ce que nous vivons.

 

2eme enseignement :

Les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées, elles ne sont pas celles des hommes. Et pour comprendre les pensées de Dieu, saint Paul dit en effet que nous avons besoin de nous laisser transformer en renouvelant notre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu ! Suivre le Christ c’est aussi accepter de se laisser transformer dans un processus continu de dépouillement pour donner sa vie et non la garder pour soi.

Les disciples ont eu besoin de temps, ils n’ont pas vraiment compris tant qu’ils n’ont pas été mis devant l’évidence de la résurrection, souvenons-nous des disciples d’Emmaüs ! Ou de Thomas l’apôtre ou encore de Paul sur le chemin de Damas. Ils ont fini par comprendre qu’il fallait tout donner pour trouver la vie après bien des résistances.

Au fond, pour nous, devant l’invitation de Jésus à le suivre en prenant notre croix, c’est sans doute là que se situe la difficulté. Croyons-nous et vivons-nous dans la force de la tendresse de Dieu ? Avons-nous été séduits par l’amour de Dieu au point d’en être saisis au-delà de toutes les occupations et les pensées de ce monde ? Faisons-nous confiance en la force de l’amour vainqueur de la mort, en la toute-puissance de cet amour de Dieu malgré tous les motifs de découragements et les séductions mondaines ?

 

Certainement, nous devons revenir, comme Jérémie, à l’amour premier de notre rencontre avec le Christ mais qui s’est un peu affadi en nos cœurs ! Car Jésus nous le rappelle, la rencontre avec Lui est toujours d’actualité, elle est même encore devant nous, cat il reviendra dans sa Gloire pour cueillir les fruits de l’amour que nous aurons laissé germer dans nos vies.

 

Jérôme Angot, curé

 

 

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