Paroisse Saint Thomas d'Aquin
 Paroisse Saint Thomas d'Aquin

                  Homélie du dimanche

 

RENTREE PASTORALE

Homélie 29/09/2019, Année C, Lc 16, 19-31 :

 

 

En ce dimanche où nous lançons l’année pastorale et alors que chacun a repris ses activités diverses, il est bénéfique de nous laisser questionner par Jésus.

 

Les préoccupations terrestres sont multiples avec le risque d’envisager la vie uniquement dans une perspective humaine, dans des logiques et des pratiques qui risquent de nous éloigner de l’Évangile. Et Jésus aujourd’hui nous questionne radicalement à travers cette parabole du pauvre Lazare et de l’homme riche qui meurt aussi.

 

Pour bien comprendre celle-ci, il faut d’abord la resituer dans son contexte de la confrontation de Jésus avec les pharisiens qui ne cessent de vouloir le prendre en défaut et l’accuser. Après avoir raconté les trois fameuses paraboles de la miséricorde au chapitre 15, dont celle de l’enfant prodigue, Jésus a abordé le thème du bon emploi de l’argent qui peut devenir une idole et qui, alors, empêche la miséricorde, concluant que l’on ne peut servir Dieu et l’Argent. Et les pharisiens dit le texte « entendant tout cela, se moquaient de lui ».

 

C’est là qu’arrive cette autre parabole où Jésus vient donc raconter cette histoire du pauvre Lazare, étymologiquement en hébreu « celui que Dieu a secouru », en essayant de remettre ses contradicteurs sur les rails, en resituant la vie humaine dans sa vérité, en orientant les esprits et les cœurs vers le Royaume.

 

En ouvrant ainsi les préoccupations humaines, familiales, sociales, politiques à la vie éternelle, Jésus découvre en fait à l’homme sa véritable liberté.

Liberté que celui-ci perd en refusant cette ouverture et en restreignant sa vie sur lui-même et les logiques purement mondaines.

 

C’est là le péché fondamental de cet homme riche, comme un péché originel réitéré, celui de l’orgueil et de la suffisance qui coupent radicalement de Dieu. En effet, dans la parabole l’homme riche n’est pas livré aux tourments parce qu’il est riche. L'Écriture dit d'Abraham qu'il avait beaucoup d'or et d'argent et qu'il était riche sur terre (Gn 13,2). Pourtant Abraham a devancé le pauvre pour le recevoir dans son sein !

 

Pour saint Augustin, « c'est qu'Abraham, au milieu de ses richesses, était pauvre, humble, respectueux et obéissant à tous les ordres de Dieu ». Le docteur de l’Eglise nous exhorte donc « à être pauvres et dans le besoin, soit que l’on possède quelque chose en ce monde, soit que l’on ne possède rien. Car « Dieu résiste aux orgueilleux », qu'ils soient couverts de soie ou de haillons, « mais il donne sa grâce aux humbles » (Jc 4,6), qu'ils possèdent ou non les biens de ce monde. Dieu regarde l'intérieur ».

 

 

Il est intéressant de faire le parallèle avec l’épisode « du Lazare » que Jésus ressuscite en Jn 11, alors que notre parabole, comme de façon prophétique conclut : « s’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus ». Et nous savons que la résurrection de Lazare a déclenché la décision de faire mourir Jésus.

 

Nous pourrions conclure qu’Il nous revient, frères et sœurs, non seulement d’écouter l’enseignement du Christ mais de l’entendre, de le faire nôtre, parce que les paroles du Seigneur sont Esprit et vie, elles transforment. Il nous revient de les mettre en œuvre comme nous y exhorte l’apôtre Paul en menant le bon combat, celui de la foi en ce monde, au milieu de tout ce qui s’y oppose, en refusant de vivre bien tranquilles pour reprendre Amos (1ere Lecture 6, 1-7), comme si nous n’étions pas concernés et que nous pouvions regarder la vie passer en nous préoccupant uniquement de nos intérêts personnels.

 

Dans son épître à Timothée, Paul nous invite à « nous emparer de la vie éternelle » (2eme Lecture 1Tm 6, 11-16) à laquelle le Seigneur nous appelle parce qu’elle celle-ci se construit maintenant.

 

Ainsi, le Seigneur vient ainsi tracer notre route pour cette année ; avec cette question : comment manifester et faire grandir le Royaume « en levant les yeux », en regardant autour de nous, en nous mettant au service des autres ?

 

C’est à cela que nous devons travailler, à nous rendre proche de toute personne rencontrée ou qui espère notre attention et notre disponibilité pour incarner la présence et l’amour de Dieu. Là, se trouve, la véritable richesse !

 

Jérôme Angot, curé

 

 

 

Dimanche 27 janvier 2019

Église SAINT THOMAS D’AQUIN   (fête patronale) 

Homélie de frère Gilles-Hervé Masson o.p. (11:10)

Sg 7, 7-10.15-16  / Mt 23, 8-12

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Tout d’abord, merci à vous mon Père de m’avoir invité, de m’accueillir dans votre église aujourd’hui. J’y suis avec plaisir et même peut-être un peu d’émotion, ayant vécu moi-même dans un couvent qui s’appelait le couvent Saint-Dominique, sis pas très loin d’ici, au 29 boulevard de la Tour-Maubourg, siège des éditions du Cerf, et qui était le successeur de ce couvent-ci, de Saint-Dominique dans l’église conventuelle duquel nous nous trouvons. Donc très heureux de partager ce moment avec vous, qui plus est, sous le patronage de notre frère, saint Thomas d’Aquin, le bienheureux Thomas. Qu’est-ce que nous pouvons recevoir d’un tel patronage et, comme le disait, aussi le Père Jérôme d’une telle intercession ? Je suis profondément convaincu que la communion des saints, ça existe. L’amitié, avec ceux qui vivants, ou ayant déjà - comme on dit – « rejoint le Père », ont essayé, et je dis bien « ont essayé » - parce qu’on ne fait jamais qu’essayer - d’être disciples du Seigneur Jésus. Leur exemple, leur effort, le récit de leur vie, et maintenant leurs prières, sont avec nous et nous aident à avancer. Alors si vous êtes de la paroisse Saint Thomas d’Aquin, inévitablement vous connaissez, j’imagine, quelques-unes des petites histoires qu’on raconte sur Thomas d’Aquin, qui circulent dans le monde des frères prêcheurs. On raconte notamment ceci, que vous connaissez sans doute, on dit qu’à un moment donné, Thomas aurait été gratifié d’une vision du Seigneur qui lui aurait dit - et on imagine combien ça devait lui faire plaisir :       «Thomas, tu as bien écrit de moi, que désires-tu ? » Vous imaginez, un théologien qui a passé toute sa vie à faire de la théologie, à scruter l’Évangile, et c’est le Seigneur qui vient lui dire à la fin « très beau travail ! Qu’est-ce que tu veux, comme récompense ? » ! Mais qu’en est-il de la réponse de Thomas ? Eh bien la voici, et elle dit tout de lui : Thomas répond « rien, si ce n’est toi, Seigneur. » 

 

Thomas a passé toute sa vie à chercher. Il a fait exactement ce qu’ont fait ses prédécesseurs, notamment un qu’on connait aussi assez bien à Paris, maître Albert Le Grand. De ces gens qui s’intéressaient absolument à tout. Et quand on demandait à maître Albert ce qu’il avait aimé dans la vie, il faisait cette réponse qui est belle, et que je vous livre aussi : « Quaerere veritatem in dulcedine societatis »« chercher la vérité dans la douceur de la compagnie des frères. » Le mot important ici, c’est « frères » bien sûr, mais c’est surtout le mot « quaerere », « chercher », chercher la vérité, et s’il y en a un, qui a passé son temps à le faire tout ça, c’est bien le frère Thomas d’Aquin. Pour mémoire, c’est quelqu’un qui avait un grand goût de la nouveauté. Comme il était de bonne famille, on aurait voulu le caser, dans sa jeunesse, dans une institution respectable, les Bénédictins par exemple. Lui, s’était épris de quelque chose de plus nouveau, les Dominicains, qui émergeaient à l’époque. Pour contrer ses intentions on a décidé de le retenir dans un monastère bénédictin mais il a réussi à s’échapper pour entrer chez les frères prêcheurs. Et il s’est alors mis sur ce chemin de recherche du Seigneur, et même s’il est devenu le patron, comme nous l’a rappelé le Père curé, des académiques, des grands savants, il a fait surtout partie de ceux qui, petits, cherchent à entrer vraiment dans l’authentique sagesse divine, celle dont on a entendu parler dans la première lecture : « j’ai prié et l’intelligence m’a été donnée, j’ai supplié et l’esprit de Sagesse est venu en moi. » Toute sa vie, saint Thomas, lui qui savait tellement de choses, a su qu’il fallait chercher, chercher encore, chercher dans la pauvreté du cœur, chercher aussi dans le dénuement matériel, mais chercher et ne pas s’arrêter. Chercher dans la quête intellectuelle, chercher aussi et c’est très important dans la lectio, dans la lecture de l’Ecriture, chercher dans la prière qui est aussi une forme de mendicité car il s’agit de mendier auprès du Seigneur le vrai savoir, celui du cœur, celui qui est capable d’entrer en résonance avec l’Esprit, vous savez cet Esprit dont saint Paul dit qu’il « scrute toutes choses, et même les profondeurs de Dieu » (1 Co 2, 10b-16).

 

Avec vous, celui vers qui je me tourne ce matin, c’est ce saint Thomas-là, qui est notre frère dans la foi. Notre maître en théologie si l’on veut, mais d’abord notre frère dans la foi. Et ici, en écoutant son enseignement, je voudrais vous dire essentiellement deux choses. La foi qu’est-ce que c‘est ? Pour beaucoup de gens, la foi c’est un savoir. D’ailleurs on a une expression qui n’est pas si heureuse, on dit souvent « AVOIR la foi ».  Alors il y a ceux et celles « qui l’ont », et puis il y a ceux qui « ne l’ont pas ». Et certains se demandent comment est-ce qu’on fait pour l ‘« avoir ». Décidément je ne trouve pas tellement heureux ce registre de « avoir », « ne pas avoir ». Je me souviens d’ailleurs de ce que Jésus dit à Thomas, l’autre, l’apôtre, après la résurrection. Il lui dit « cesse d’être incrédule, sois croyant ! ». Au fond il s’agit plutôt d’être croyant, mais qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien fondamentalement, c’est poser un acte de confiance. C’est d’abord croire, croire que Dieu existe, croire que Dieu n’est pas perdu, loin de tout, dans son ciel ; croire qu’il interfère avec ma vie, il touche ma vie. Et que ce Dieu qui croise ma vie, il est essentiellement une bienveillance, et un amour qui vient vers moi. Souvenons-nous en : c’est la foi-confiance, qui a mis Abraham en chemin, c’est la foi-confiance qui a mis la vierge Marie en chemin, c’est la foi-confiance, et c’est celle-là premièrement et ultimement qui a mis Thomas en chemin. Ce n’est qu’en deuxième instance, à l’intérieur de cette foi-confiance dans l’amour de Dieu, qui nous appelle, qui nous accompagne, qui nous relève autant que de besoin, à l’intérieur de ça, oui, il y a une foi-savoir qui peut se déployer. La sagesse des mystères de Dieu. Mais elle ne découvre jamais des millions de choses. In fine, saint Tomas comme tous les théologiens, comme tous les chrétiens, qu’est-ce qu’il découvre ? Il découvre ce que livrent les Ecritures : il découvre que Dieu est amour, et qu’il n’est que cela, et qu’il ne veut être que cela, pour chacun et pour chacune d’entre nous et pour la multitude. Saint Thomas découvre ce qu’il a si bien expliqué lorsqu’il a parlé de l’eucharistie. Il découvre que ce Dieu qui est amour, et qui ne veut être que cela, se donne. Il ne donne pas « quelque chose », il ne donne pas l’eucharistie comme une réalité tout extérieure, il SE donne dans l’eucharistie. Il ne se donne pas pour qu’on reçoive quelque chose de lui, mais il se donne pour que vous soyons pris dans son mystère, et que de quelque manière - ça nous dépasse, ça nous échappe, on n’arrive pas à mettre des mots dessus - mais pour que de quelque manière NOUS devenions LUI. C’est une découverte magnifique de saint Tomas lorsqu’il parle de l’eucharistie : il parle d’abord de ces dons qu’on va apporter tout à l’heure, le pain et le vin, qui sont des réalités de ce monde-ci, il parle ensuite du grand Sacrement de l’autel : le pain, le vin consacrés au corps et au sang du Christ « tantum ergo sacramentum ». Enfin il parle de la grâce propre de l’eucharistie, il explique la raison d’être de tout cela et alors le regard, après la communion, se tourne vers ce corps que j’ai devant moi, le corps de l’Eglise, le corps que nous sommes, « corps du Christ et temple de l’Esprit », après nous être nourris du pain des anges, du pain que le Christ nous donne, vrai corps livré, vrai sang versé. Un don qui du reste appelle le nôtre : à notre tour de nous livrer à nos frères et de nous mettre à leur service.

 

Frères et sœurs, mettons-nous à l’école de saint Thomas, et nous pouvons le faire très simplement, en suivant la ligne que je viens d’esquisser. Simplement en célébrant l’Eucharistie ensemble, en épousant les lignes de force de ce geste que nous faisons si souvent, et qui est fait de choses si simples : écouter la Parole, laisser résonner la Parole, professer la foi de l’Eglise - on va le faire dans le credo - prier, intercéder, invoquer l’Esprit pour qu’il vienne sur le pain et le vin et les consacre au corps et au sang du Christ, et invoquer ensemble l’Esprit pour qu’il nous consacre nous tous, baptisés, prêtres et baptisés tous ensemble, pour qu’il nous consacre et fasse de nous comme on le demande dans la prière eucharistique, « un seul corps, un seul esprit dans le Christ ».

 

Je n’oublie pas qu’aujourd’hui c’est un grand jour aussi pour les JMJ, nous sommes en communion avec tous ces jeunes. Il y en avait pas mal hier soir à Saint-Eustache, pour passer une partie de la nuit à prier, à adorer, à louer. Nous sommes en communion avec eux et, avec eux aussi nous sommes dans ce mouvement où nous nous laissons saisir par l’eucharistie du Seigneur, afin de vraiment devenir son corps pour nous-même et pour la vie du monde.     AMEN

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Resp. : portia-ct@wanadoo.fr

 

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