Paroisse Saint Thomas d'Aquin
 Paroisse Saint Thomas d'Aquin

                  Homélie du dimanche

Homélie 1er Dimanche de l’ AVENT, Année C, 2 décembre 2018 : Luc 21, 25-28.34-36

 

Dans la continuité de la Fête du Christ Roi de l’univers, et du dialogue entre Jésus et Pilate sur le sens de cette royauté, le Seigneur Jésus nous parle aujourd’hui de sa venue définitive, alors que nous entrons dans ce Temps liturgique de l’Avent qui nous oriente vers la Fête de Noel. 

Il est intéressant de noter que cet enseignement est tenu juste avant la Passion et la mort de Jésus. Parler ainsi de son retour dans la Gloire a d’autant plus de force et vise à former les disciples et la communauté chrétienne pour traverser l’épreuve du temps. Le discours est une affirmation dans la continuité des oracles prophétiques, comme celui de Jérémie, et le genre apocalyptique participe à la transmission de cette certitude du Retour du Christ.

Au fond, Jésus nous dit cette chose simple, conséquence de sa royauté divine :

Parce qu’il est déjà venu en la nuit de Noel et qu’il est le Fils éternel de Dieu, il reviendra naturellement dans sa Gloire pour tout rassembler. Et si ce retour de Jésus s’accompagnera sans doute de signes spectaculaires, il les mentionne, non pour nous faire peur, mais pour dire de nous préparer à sa rencontre. D’ailleurs, nous pouvons considérer que les signes nous les avons. Que nous faudrait-il de plus lorsque nous considérons l’état du monde ? Quel signe attendre encore pour démontrer l’urgence de la conversion ?

En fait, les signes spectaculaires sont une manière de dire que le Seigneur va tout rassembler, tout accomplir parce qu’il est le Seigneur de la création et de l’histoire et donc qu’il est le Maître de toutes les puissances de ce monde. C’est pour cela d’ailleurs qu’il nous dit aussi de ne pas nous affoler, de rester concentrés en quelque sorte.

S’il est venu en la nuit de Noel pour faire de nous ses frères et sœurs, et si par conséquent il reviendra, c’est pour nous rencontrer. Mais cette rencontre n’est possible que si nous la désirons et donc si nous attendons Jésus. Nous savons bien que si nous ne voulons pas voir quelqu’un, nous pouvons l’éviter, le contourner, le fuir, et même, nous pouvons voir quelqu’un, lui dire bonjour poliment mais en fait la rencontre n’a pas vraiment eu lieu parce que nous n’y avons pas mis notre cœur, et que cette personne ne nous intéresse pas !

Voilà le problème sans doute, bien des fois nous faisons les choses par intérêt, pour savoir ce que cela va nous rapporter. Or, Jésus veut nous faire entrer dans le Royaume de son amour éternel et pour cela, notre cœur a besoin d’être préparé, ajusté. C’est le cas si nous attendons en veillant dans la foi et le temps nous est un allié.

Les Pères de l’Eglise et les grands spirituels ont distingué les différentes venues du Christ. Par exemple le Bienheureux van Ruusbroec qui écrit dans Les Noces spirituelles : « Lors du premier avènement, il se fit homme à cause de l'homme, par amour. Le second avènement a lieu tous les jours, souvent et en mainte occasion, dans chaque cœur qui aime, accompagné de nouvelles grâces et de nouveaux dons, selon la capacité de chacun. Dans le troisième avènement, l'on considère celui qui aura lieu le jour du Jugement ou à l'heure de la mort... »

 

 

Alors évidemment celui qui n’est pas prêt, celui qui ne se laisse pas saisir pas cet appel à aimer de tout son cœur, risque d’être surpris. La rencontre avec Jésus risque bien de le gêner, de lui faire peur. Avoir peur de Dieu, c’est rester enfermé dans son péché ! Souvenons-nous de la réaction d’Adam et Eve, après avoir gravement péché contre Dieu et se cachant à sa venue.

Que ce Temps de l’Avent soit, frères et sœurs, une occasion nouvelle de disponibilité, d’attention à la présence de Jésus sauveur, spécialement dans l’Eucharistie. Occasion nouvelle pour aimer davantage, d’un amour intense et débordant, pour affermir nos cœurs, en suivant l’appel à la sainteté que le Seigneur nous lance, en faisant de nouveaux progrès. Ne remettons pas la réponse à cet appel à plus tard car le Seigneur est là, il vient, il ne cesse de venir dans nos journées, souvent à travers les autres. Faisons donc de nos rencontres des occasions de grâce et de manifestation de la joie de Dieu. Car il est déjà venu dans l’humilité mais il reviendra avec puissance et grande gloire. Amen.

Jérôme Angot, curé

 

Son Eminence le Cardinal Franc Rodé

Fête du Christ Roi

Paris, 25. novembre 2018

 

1. L’année liturgique s’achève avec la solennité du Christ Roi, a qui tout pouvoir a été donné au ciel et sur la terre, comme l’affirme le prophète Daniel. En effet, Dieu a remis au Fils de l’homme un pouvoir éternel, gloire et royaume indestructible sur les peuples, les nations et les langues. Pouvoir réel, mais comme voilé, qui ne sera manifeste pleinement qu’à la fin des temps, lorsque « l’on verra le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire » (Mt 24,30).

2. Ce pouvoir réel, mais qui ne se manifestera qu’à la parousie, c’est-à-dire, à la fin de l’histoire, quelle influence exerce-t-il sur le temps présent, quel est son impact sur le devenir de l’histoire ? L’entretien entre Jésus et Pilate, rapporté par l’évangile de Jean, nous apporte la réponse.

Et pour commencer, il nous aide à bannir toute ambiguïté à une fête, marquée par la mentalité de l’époque où elle fut instituée. C'est, en effet, Pie XI qui, en 1925, par l'encyclique Quas primas introduit dans le calendrier liturgique la fête du Christ-Roi, avec l’intention de renforcer et approfondir l’influence de l’Eglise dans tous les secteurs de la société, rerum civilium imperium. De la conversation entre Jésus et Pilate il se dégage que la royauté de Jésus n’est absolument pas la rivale du pouvoir politique, contrairement à ce que pensent les autorités juives et romaines, qui s’en inquiètent.

On peut se demander pourquoi ils la craignent et s'y opposent, puisque Jésus affirme clairement que son royaume est tout à fait en dehors des schémas de ce monde. « Mon royaume n'est pas de ce monde, mon royaume n'est pas d'ici. » Un royaume qui n'a pas son origine dans le monde et ne se régit pas sur les principes terrestres. Il vient d'ailleurs et il est construit sur d'autres valeurs.

Où est la différence? Voici la réponse de Jésus: « Si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne soit pas livré aux juifs. » La différence est que Jésus refuse de se servir pour soi de la puissance royale dont il dispose, et ne recourt pas aux moyens de ce monde: les armes, la force, la violence, tout en sachant à quoi il s'expose en y renonçant. C'est qu'il ne considère pas sa propre vie comme le bien suprême, ou comme la raison-d ‘Etat à laquelle tout doit être sacrifié. En fait, sa puissance royale se manifeste paradoxalement par la croix, c’est par la faiblesse de la croix que se manifeste la force de Dieu, car « ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes » (1 Cor 1,25), dit saint Paul. 

Une deuxième affirmation de Jésus nous éclaire encore mieux sur la nature de sa royauté : « Je suis roi, je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage de la vérité. » La royauté du Christ est soumise aux exigences de la vérité, c’est-à-dire, à la volonté de Dieu sur le monde, à son dessein d’amour sur l’homme, à toutes les valeurs qui constituent le message évangélique : la justice, la liberté, l’amour, la paix. La royauté de Jésus est toujours au service de la vérité, elle ne peut être sacrifiée à la raison-d ’Etat.

3. Sous quelles conditions peut-on accepter sa royauté ? « Tout homme qui appartient à la vérité, écoute ma voix », répond Jésus. Pour comprendre sa royauté, pour s’ouvrir à son message, il faut choisir la vérité, être de la part de la vérité, être de la part de Jésus, car il affirme « je suis la vérité et la vie ».

Nous touchons là un point essentiel, il y va de l’humanité de l’Homme, de sa santé spirituelle. Choisir le camp de la vérité, se mouvoir dans l’espace de la vérité, vouloir la vérité par-dessus tout, c’est la condition de la santé spirituelle.

Qu ’est-ce à dire ?  Notre esprit peut-il tomber malade ? Oui. Le corps devient malade lorsqu’il absorbe quelque chose de nocif, ou lorsqu’il contrevient aux lois de la nature. S’il veut guérir, il lui faut éliminer les toxines et rétablir l’ordre. Comment l’esprit peut-il tomber malade ? Nous ne parlons pas ici des maladies mentales, qui sont des maladies du système nerveux, ou proviennent d’une affection de la sensibilité ou di une malformation somatique. Une véritable maladie de l’esprit se produit lorsque sont menacées les sources mêmes de la vie de l’esprit : la vérité et la justice. L’esprit tombe malade lorsqu’il s’écarte de la vérité. Non encore lorsqu’il ment. Dans ce cas il s’expose au danger, mais il peut se retrouver dans le repentir. L’esprit tombe malade lorsqu’il s’éloigne intérieurement de la vérité, lorsqu’elle ne compte plus rien pour lui, lorsqu’il fait fi de la vérité pour arriver à ses fins, lorsqu’elle n’est plus perçue comme obligatoire. Un tel homme n’apparait pas forcément comme malade. Sa vie peut avoir l’apparence d’une réussite, mais l’ordre intérieur est bouleversé, son échelle de valeurs faussée. In ne distingue plus le but et les moyens pour y arriver.

Pour guérir il faut choisir la vérité et rejeter le mensonge. Et Jésus ajoute : « écouter sa voix », accueillir sa parole, accepter son royaume de vérité et de justice.

4. Celui qui se met du côté de la vérité, sera capable d’entendre la voix du Christ. Et celui qui ne connait pas le Christ ? S’il écoute sa conscience qui est l’antenne de Dieu dans l’homme, sera capable de choisir la vérité, et en choisissant la vérité, sans le savoir, il aura choisi le Christ. Et avec le Christ la santé de l’esprit.

Le Christ nous invite à écouter sa voix, et la condition de sa possibilité est l’acceptation de la vérité. Une invitation qui fait appel à notre liberté, à notre conscience, car Dieu respecte l’homme. Pas d’imposition, pas de violence, pas de manipulation, mais l’invitation à accueillir librement la parole dans la responsabilité personnelle.

5. L’évangile de ce dimanche nous présente deux attitudes devant la vérité : Jésus et Pilate.

D’une part Jésus qui est inconditionnellement fidèle à la vérité et ne la renie même au prix de sa vie. D’autre part Pilate, au service d’un pouvoir politique qui, certes, reconnait une certaine valeur à la vérité, mais non au point d’y sacrifier ses intérêts. Pilate est convaincu de l’innocence de Jésus, mais il le condamne parce que la raison-d Etat l’exige. Il sauve sa carrière et l’ordre publique, mais il sacrifie la justice et la vérité.

A propos de l’affaire Dreyfus Charles Péguy écrivait : «Une seule injustice, un seul crime, une seule illégalité, si elle est universellement, commodément, légalement acceptée, suffit à déshonorer tout un peuple».

La vérité, dans sa faiblesse, peut être ignorée, sacrifiée par les puissants, mais, comme chez le Christ, elle s’impose et elle sauve l’honneur d’un peuple et assure sa santé spirituelle. 

Homélie Vigile pascale, année B : Evangile selon saint Marc 16, 1-7

 

En cette nuit, l’Église nous invite à revivre l’aventure surprenante des femmes qui se rendent de grand matin au sépulcre, à partager leurs sentiments et à les suivre dans leur chemin de conversion, au-delà des doutes et des craintes qui les habitent.

 

Alors qu’elles marchent, alourdies par la tristesse, portant des parfums qu’elles ont préparés pour embaumer le corps de Jésus, Marie Madeleine et les autres sont résignées. Elles vont au tombeau pour voir un mort. Elles ne se font pas d’illusion sur l’utilité de leur geste : répandre du parfum sur un cadavre ne sert à rien pour celui qui est mort ; l’utilité est pour ceux qui restent et qui veulent exprimer leur respect et leur affection.  Pourtant, ce n’est plus la même chose. Le lien est rompu. Une béance s’est installée, infranchissable, celle qui existe entre la vie et la mort, à l’image de cette pierre très grande qu’il faut rouler pour ouvrir le tombeau.

 

Arrivées à la tombe, elles trouvent que la pierre est déjà roulée et de plus, le corps de Jésus a disparu. Amère surprise, quand on sait l’importance pour les proches de pouvoir venir auprès de leurs défunts, de retrouver les corps quand ils ont disparu et de pouvoir se recueillir au cimetière ou dans un lieu approprié, surtout pendant le temps du deuil.

 

Mais, ces femmes, qui vont devenir les apôtres des apôtres, n’ont pas le temps de se lamenter ou de faire des conjectures. L’évidence s’impose, le mort n’est plus là, et se heurte aux paroles d’un homme curieux vêtu de blanc, un ange ou sans doute Jésus lui-même mais qu’elles ne reconnaissent pas et qui parle de sa résurrection.

 

A partir du témoignage de ces femmes et des premiers témoins, s’engage alors un processus de conversion des apôtres eux-mêmes et des disciples, avec un travail de mémoire fondé sur les paroles mêmes de Jésus qui, plusieurs fois, parle de sa résurrection mais sans que les auditeurs ne comprennent ce que cela signifie, précisent les Evangiles, travail dans lequel, ne pas comprendre et ne pas croire apparaissent intimement liés.

 

Aussi, comme ces premiers témoins, nous sommes invitées à réévaluer les événements qui nous touchent et qui ne peuvent enfermer la puissance de l’amour de Dieu, même s’ils y prétendent et semblent contraires à ce que nous désirons. Avec la Pâques du Christ, si nous croyons, nous pouvons comprendre à la lumière de l’œuvre créatrice de Dieu et de sa parole.

 

Même si nous passons parfois par les étapes contradictoires, du doute, de la stupéfaction et de l’espérance, nous sommes invités à l’évidence sereine, fruit de la grâce de Dieu qui nous établit dans la communion de l’amour.

 

Ce chemin, c’est la mise en œuvre de la Pâque du Christ en notre vie ; mourir au péché pour vivre de la vie nouvelle du Ressuscité que nous recevons dans le baptême mais que nous devons sans cesse accueillir et ratifier.

 

Dans le baptême, en effet, « nous sommes unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne » mais pour mener une vie nouvelle qui s’épanouira dans notre propre résurrection « qui ressemblera à la sienne » (Rm 6).

 

En cette nuit pascale, accueillons cet appel qui retentit de nouveau dans nos obscurités. Reprenons ce chemin de vie où le Ressuscité nous attend comme en Galilée. Mettons-nous dans les pas des premiers témoins. Ecartons-nous des impasses de la recherche de nous-mêmes ou d’un horizon purement ludique et terrestre de notre existence et où l’Ange de Dieu pourrait nous dire : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? »

 

Fêter Pâques, c’est fêter la vie qui est en Dieu et qu’il nous communique. C’est renouveler notre conscience que cette vie est un don, et que nous la recevons. C’est se rappeler que la vie est un fruit de l’amour, celui que Jésus a manifesté sur la croix pour triompher de la mort.

 

Pour nous préparer à célébrer et recevoir ce mystère de la vie qui est en Dieu et qui est renouvelé dans l’Eucharistie, nous avons entendu les promesses de l’ancien testament, montrant comment Dieu poursuit son œuvre de salut dans l’histoire et que les événements les plus dramatiques ne peuvent arrêter.

 

De cette vie qui est à l’oeuvre, nous allons pouvoir être témoins dans notre assemblée puisque trois enfants vont recevoir le sacrement du baptême et passer ainsi à une vie nouvelle dans le Christ.

 

Pourquoi cherchons-nous encore le Vivant parmi les morts ?

 

 

Jérôme Angot, curé

Samedi saint, 31 mars 2018

 

Homélie Jeudi saint : Evangile selon saint Jean 13, 1-15

 

En ce Jeudi saint, et avec les vendredi et samedi saints qui vont suivre, nous revivons spirituellement la réalisation du mystère pascal du Christ, du salut que Dieu a voulu assurer à l’homme et à toute la création, malgré la force de l’opposition du mal et du péché.

Cette opposition est bien signifiée d’abord dans la première lecture du Livre de l’Exode (chp. 12), à partir de la figure du pays d’Egypte et du Pharaon qui personnifient cette force de l’esclavage et du mal et de la mort. Ce Pharaon qui représente la face obscure de notre âme prête à se rebeller contre Dieu et le cœur endurci de l’homme qui s’oppose à la conversion et au détachement du monde présent.

Toutes les plaies d’Egypte et notamment la dernière, la plus violente de toutes avec la mort des premiers-nés, manifeste la puissance de ce mal mortifère qui s’oppose à la volonté de Dieu.

Pourtant le Seigneur n’abandonne pas son peuple, à cette mort des premiers nés, il substitue le sacrifice de l’agneau, l’action libératrice de Dieu, demandant d’en faire un mémorial, un anniversaire, « c’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. » L’homme est ainsi éduqué par Dieu pour ne pas user de la violence qui est déplacée vers le sacrifice des animaux. La violence qui tue est abominable et elle n’est pas volonté de Dieu et il est important de le rappeler dans nôtre actualité marquée par l’attentat de Trèbes. Le psaume aussi se fait l’écho de ce déplacement pour en arriver au seul sacrifice qui plaise à Dieu, celui de l’action de grâce qui trouvera sa perfection dans l’offrande du Christ sur la croix.

A rebours de cette puissance du mal qui traverse le cœur et l’histoire de l’homme, comme il a traversé le cœur de Judas l’Iscariote, qui a trahit la confiance et l’amitié reçues, par jalousie et par un attachement excessif aux biens et à la vanité du monde, le Seigneur a définitivement vaincue cette violence en envoyant son propre Fils, en le faisant entrer dans le monde et en acceptant librement de mourir pour nous. Par son abaissement signifié par le lavement des pieds, il apporte le salut ou la possibilité du salut à tous.

C’est ainsi qu’il faut comprendre l’insistance de Jésus à laver Pierre et ses disciples « si je ne te lave pas tu n’auras pas de part avec moi ». Je crois qu’il nous faut beaucoup méditer sur cet aspect qui exprime bien que c’est le Christ qui nous sauve et que, ce qui nous revient de faire de notre côté, c’est d’accueillir ce que Jésus a réalisé pour nous sur la croix nous ouvrant la résurrection.

Nous laisser faire, accepter d’être sauvé par le Christ, entrer dans cette humilité de l’amour pour recevoir cette force non de la violence mais de la vie qui est à l’œuvre dans le mémorial de sa pâque ; cette force du passage de Dieu parmi les hommes qui se réalise à chaque Eucharistie : « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. »

Ce faisant, le Seigneur nous indique l’essentiel qui est au cœur de son sacrifice, l’amour avec lequel il a réalisé tout cela. C’est pourquoi il nous dit aussi « faîtes aussi cela les uns pour les autres », nous renvoyant au plus grand commandement « aimer Dieu plus que tout » et aimer son prochain comme soi-même. Comme il est bon et salvateur de réentendre ces paroles de Jésus qui nous font prendre conscience des limites que nous mettons à l’amour et au don de nous-mêmes.

Que ce Jeudi saint, soit l’occasion de revisiter tous nos engagements, nos relations pour voir comment les vivre avec un amour renouvelé, dans la vérité, en les rapportant à Dieu qui nous a aimé le premier et qui nous a donné son Fils.

Prions donc les uns pour les autres, pour toute l’Eglise qui est née de ce don suprême du Christ et qui ne cesse donc de naître de l’Eucharistie en nous laissant transformer. Prions en particulier pour les prêtres dont le sacerdoce a été institué en cette dernière Cène du Seigneur et prions pour les vocations sacerdotales afin que l’offrande parfaite du Christ soit toujours célébrée pour le salut du monde. Amen.

 

Jérôme Angot, curé

Jeudi 29 mars 2018​

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