Paroisse Saint Thomas d'Aquin
 Paroisse Saint Thomas d'Aquin

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Homélie pour la Saint-Thomas-d’Aquin

 

Fête patronale paroissiale, dimanche 31 janvier 2021

 

 

 

Après avoir reçu le baptême de Jean sur les rives du Jourdain, et que celui-ci fut arrêté par Hérode, Jésus proclame l’Evangile de Dieu dans son pays, en Galilée. Avec les disciples qu’il vient d’appeler à le suivre pour devenir pécheurs d’homme, il vit à Capharnaüm, et il y enseigne.

 

Voici qu’il provoque chez ceux qui l’entendent un grand étonnement. Son enseignement est tout à fait nouveau. Il ne s’agit pas seulement de telle ou telle idée originale. C’est sa manière d’envisager la vie et d’en parler qui est tout à fait singulière. Ce qui a sans doute d’abord impressionné chez ce rabbi, ce prédicateur, c’est sa grande douceur et simplicité, l’intérêt qu’il porte non pas aux autorités, à ceux que l’on reconnaît comme des notables, en raison de leur argent, de leur pouvoir, de leur savoir, mais à tous, surtout aux plus humbles, et même à ceux que leur vie irrégulière plaçait au ban de la communauté. Les autorités, sans aucun doute, il les respecte. Mais il semble ne pas avoir besoin d’elles, ne pas chercher à s’attirer leur bonne grâce.

 

A l’amour qu’il montre pour tous et chacun, à son étonnantes accessibilité et disponibilité, Jésus joint une assurance totale dans ce qu’il dit et ce qu’il fait. Il ne prend pas le soin d’asseoir sa prédication et sa pratique sur l’autorité d’un autre maître. Il se réfère à la Loi de Moïse que tous connaissent, mais c’est pour faire comprendre ce qu’il porte dans son propre cœur à lui. On vous a dit… Tu ne tueras pas et bien moi je vous dis, tu ne t’emporteras pas contre ton frère, on vous a dit, tu ne prononceras pas de faux serment, et bien moi je vous, que ton oui soit oui, que ton non soit non.

 

Jésus n’avait aucun titre décerné par aucune école ? Comment pouvait-il se faire écouter ? Il y avait un autre moyen d’attirer l’intérêt des foules, à cette époque, comme aujourd’hui : montrer par un charisme extraordinaire que l’on était habité par l’Esprit divin. Les guérisons de Jésus ont fait venir à lui une multitude de malades et de possédés. Mais on le voit tout au long de l’Evangile Jésus se dérober à l’enthousiasme que suscitent ses prodiges. Son assurance lui vient d’ailleurs que de sa maîtrise sur les corps et les esprits.

 

En nous racontant le premier miracle de Jésus dans son Evangile, Marc ne nous rapporte aucune information sur son bénéficiaire. Il porte notre attention sur l’esprit mauvais qui l’habite. Lui aussi, cet esprit, est secoué par l’attitude de Jésus. Et comme tout l’auditoire, il cherche à savoir qui est cet homme pour se comporter aussi mystérieusement qu’ il le fait.

 

Un peu plus haut dans son évangile, au cours du récit des tentations, Marc n’a pas fait parler Satan comme Matthieu ou Luc (1, 12). On peut penser que le dialogue violent entre Jésus et l’esprit impur restitue le même contenu que celui du récit des tentations chez les autres évangélistes. Marc dit dans notre texte toute la signification et tout l’enjeu de l’affrontement de Jésus et des forces du mal. D’ailleurs l’esprit impur parle au pluriel, au nom de toute sa corporation. Il exprime d’abord au nom des siens sa crainte autant que sa curiosité : «  Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? »  Et il tente une première approche : « Je sais qui tu es : le Saint de Dieu ! ». « Tais toi ! Sors de cet homme ! ». Satan et ses sbires ne sont pas avares de compliments. La flatterie est un piège auquel peu savent résister. Elle n’a aucune prise sur Jésus.

 

Si l’esprit impur est réduit au silence et expulsé sur le champ du corps de l’homme qu’il tourmentait, le Malin ne lâche pas le morceau. Il a d’autres suppôts. Très vite, la situation s’envenime pour Jésus. Cet homme venu de nulle part, de moins que nulle part, de Nazareth, cet homme sans éducation, sans maître, sans étiquette, acquiert un tel ascendant sur les foules, un ascendant qu’il ne doit à personne d’autre qu’à lui-même, à son rayonnement, à sa puissante bonté, qu’il suscite la méfiance, la jalousie et la peur des autorités établies, scribes, pharisiens, partisans du roi Hérode. Marc nous l’apprendra très vite : ils pactisèrent pour le faire périr (3, 6). Toute l’affaire serait désormais pour eux d’en trouver le prétexte.

 

En fait, Jésus se réclamait bien d’un autre. Il en parlait même sans cesse. Il ne parlait que de lui, l’appelant « son Père », affirmant qu’il était aussi notre Père à tous. De là venait toute son assurance. Il parlait de l’abondance du cœur, et touchait le plus profond des cœurs. Il ne s’autorisait pas des livres sacrés, c’étaient Abraham et Moïse qui lui rendaient témoignage. Il ne faisait pas de son savoir comme trop souvent les scribes et les pharisiens une barrière le séparant de la masse des ignorants et des pécheurs, mais il manifestait à tous cette présence du Père qui l’habitait et qui habitait ceux qui recevaient sa Parole. Il se les unissait comme étant tous sœurs et frères dans le même désir de faire sa volonté.

 

Après la Résurrection et le don de l’Esprit du Christ à l’Eglise, on verra les disciples de Jésus refléter quelque chose de son impressionnante assurance : ils parleront en toute liberté, à cœur ouvert, sans acception de personne. C’est que leur désir profond sera de partager l’amour qui les habite et dont ils savent qu’il comble les attentes les plus fortes de leurs frères. Ils n’auront peur de rien, car tout est à eux puisqu’ils sont au Christ, comme le Christ est à Dieu.

 

L’autorité de qui annonce l’Evangile n’est pas celle que lui donne son savoir, son talent, ses oeuvres. Il y a dans la communauté de Jésus des savants, des habiles, et même, comme dit Paul, tous ont reçu des dons spirituels pour l’utilité et l’unité du corps qu’ils forment ensemble (1 Co 12). Cependant la crédibilité de leur témoignage ne vient pas de tout ce qui fait briller les individus aux yeux du monde : la science, le génie, le pouvoir, le succès. Elle leur vient de ce qu’ils laissent transparaître par leur écoute, leur ouverture, leur fraternité, de l’Amour qui les anime.

 

Saint Thomas d’Aquin que nous fêtons aujourd’hui était un génie. Un de ces génies qui a marqué de manière décisive l’esprit humain. Il a renouvelé l’approche de toutes les réalités dont il a parlé. « Autant de miracles que d’articles de sa Somme », a dit de lui le pape qui le canonisa. On ne peut plus penser, faire de la théologie ou de la philosophie après lui comme avant lui. Ses biographes nous disent que l’enseignement qu’il délivrait à quelques centaines de mètres d’ici, dans le quartier latin, a été d’emblée perçu comme tout nouveau et a fait sensation. L’histoire nous apprend aussi qu’il s’est donc attiré beaucoup de jalousies, d’incompréhension et d’inimitiés. Mais ce n’est pas pour l’originalité et l’utilité de son enseignement qu’on le déclara saint.

 

Thomas alliait en lui de façon tout à fait improbable la raison et la foi, les aptitudes naturelles et la charité, l’intelligence la plus haute et l’humilité la plus profonde, la passion de la vérité et une bienveillance universelle, la contemplation la plus fervente et la disponibilité à toute requête de ses frères, la rigueur d’Aristote et la radicalité de la Croix. Sa doctrine n’écrasait pas ses interlocuteurs, elle s’efforçait d’honorer chez chacun d’eux tout effort de vérité, car elle y reconnaissait la présence de l’Esprit. C’est bien ainsi que son œuvre refléta à sa manière la liberté du Christ et des Apôtres.

 

L’exemple de Thomas nous assure que Dieu veut notre foi intelligente et critique, qu’il bénit nos efforts pour qu’elle le soit. C’est au service d’une foi intelligente et critique que Thomas se sanctifia. Mais ce n’est pas d’abord telle ou telle idée géniale et innovante qu’il apporta à l’Eglise et qui consacra son autorité. C’est sa manière humble, attentive et dévouée, de se tenir devant Dieu et devant les hommes, dans toutes les servitudes de son métier d’enseignant, qui transparaît tout au fil de son œuvre, et qui rend témoignage à la seule vérité qui sauve, au seul message digne de foi, à la seule autorité qui ne trompe pas : l’Amour que Jésus nous montra sur la Croix.

 

Frère Gilles, o.p.

 

Qu’attends-tu de moi, Thomas ? Rien d’autre que toi, Seigneur.

 

 

 

Homélie du pape François, pour le dimanche 24 janvier 2021, dimanche de la Parole de Dieu

 

En ce dimanche de la Parole nous écoutons Jésus qui annonce le Règne de Dieu. Voyons ce qu’il dit et à qui il le dit.

 

Ce qu’il dit. Jésus commence à prêcher ainsi : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche » (Mc 1, 15). Dieu est proche, voici le premier message. Son règne est descendu sur terre. Dieu ne demeure pas, comme nous sommes souvent tentés de penser, là-haut dans les cieux, lointain, séparé de la condition humaine, mais il est avec nous. Le temps de la distance est fini lorsque Jésus s’est fait homme. Depuis ce moment, Dieu est très proche ; il ne se détachera jamais de notre humanité et ne se lassera jamais d’elle. Cette proximité est le commencement de l’Evangile, c’est ce que –souligne le texte – Jésus « disait » (v. 15) : il ne l’a pas dit une seule fois, et c’est tout, il le disait, c’est-à-dire qu’il le répétait tout le temps. “Dieu est proche” était le leitmotiv de son annonce, le cœur de son message. Si c’est le commencement et le refrain de la prédication de Jésus, cela ne peut qu’être la constante de la vie et de l’annonce chrétienne. Avant toute autre chose il sera cru et annoncé que Dieu s’est approché de nous, que nous avons été graciés, “bénéficiaires de la miséricorde”. Avant chacune de nos paroles sur Dieu il y a sa Parole pour nous, qui continue à nous dire : “Ne crains pas, je suis avec toi. Je suis proche de toi et je resterai proche de toi”.

 

La Parole de Dieu nous permet de toucher du doigt cette proximité, parce que – dit le Deutéronome – elle n’est pas loin de nous, mais elle est proche de notre cœur (cf. 30, 14). C’est l’antidote à la peur de rester seuls devant la vie. Le Seigneur, en effet, par sa Parole con-sola [en italien], c’est-à-dire est avec celui qui est seul. En nous parlant, il nous rappelle que nous sommes dans son cœur, précieux à ses yeux, gardés dans les paumes de ses mains. La Parole de Dieu donne cette paix, mais elle ne laisse pas en paix. C’est une Parole de consolation, mais aussi de conversion. « Convertissez-vous », dit en effet Jésus aussitôt après avoir proclamé la proximité de Dieu. Parce qu’avec sa proximité est fini le temps où l’on prend ses distances avec Dieu et avec les autres, est fini le temps où chacun pense à soi et va de l’avant pour son propre compte. Cela n’est pas chrétien, parce que celui qui fait l’expérience de la proximité de Dieu ne peut pas mettre à distance le prochain, ne peut pas l’éloigner dans l’indifférence. En ce sens, celui qui fréquente la Parole de Dieu reçoit des retournements existentiels salutaires : il découvre que la vie n’est pas le temps pour se méfier des autres et se protéger soi-même, mais l’occasion pour aller à la rencontre des autres au nom du Dieu proche. Ainsi la Parole, semée dans le terrain de notre cœur, nous amène à semer l’espérance à travers la proximité. Tout comme Dieu fait avec nous.

 

Voyons maintenant à qui parle Jésus. Il s’adresse avant tout à des pécheurs de Galilée. C’étaient des personnes simples, qui vivaient du fruit de leurs mains, travaillant durement nuit et jour. Ils n’étaient pas experts dans les Ecritures et ne se distinguaient certes pas par la science et la culture. Ils habitaient une région composite, avec différents peuples, ethnies et cultes : c’était l’endroit le plus éloigné de la pureté religieuse de Jérusalem, le plus éloigné du cœur du pays. Mais Jésus commence par-là, non pas par le centre mais par la périphérie, et il le fait pour nous dire aussi que personne n’est en marge du cœur de Dieu. Tous peuvent recevoir sa Parole et le rencontrer en personne. Il y a un joli détail dans l’Evangile à ce sujet, lorsqu’on fait remarquer que l’annonce de Jésus arrive « après » celle de Jean (Mc 1, 14). C’est un après décisif, qui marque une différence : Jean accueillait les gens dans le désert, où se rendaient seulement ceux qui pouvaient laisser les lieux où ils vivaient. Jésus, au contraire, parle de Dieu au cœur de la société, à tous, là où ils sont. Et il ne parle pas à des horaires et des temps établis : il parle « en passant le long de la mer » à des pêcheurs « en train de jeter les filets » (v.17). Il s’adresse à des personnes dans les endroits et dans les moments les plus ordinaires. Voilà la force universelle de la Parole de Dieu, qui rejoint tout le monde et tous les domaines de la vie.

 

Mais la Parole a aussi une force particulière, elle affecte chacun de manière directe, personnelle. Les disciples n’oublieront jamais les paroles écoutées ce jour-là sur les rives du lac, proches de leur barque, aux membres de la famille et aux collègues, paroles qui marqueront pour toujours leur vie. Jésus leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes » (v. 17). Il ne les attire pas avec des discours élevés et inaccessibles, mais il parle à leurs vies : à des pêcheurs de poissons il dit qu’ils seront pêcheurs d’hommes. S’il leur avait dit : “Venez à ma suite, je vous ferai Apôtres : vous serez envoyés dans le monde et vous annoncerez l’Evangile avec la force de l’Esprit, vous serez tués mais vous deviendrez saints”, nous pouvons imaginer que Pierre et André lui auraient répondu : “Merci, mais nous préférons nos filets et nos barques”. Jésus les appelle au contraire à partir de leur vie : “Vous êtes pêcheurs, vous deviendrez pêcheurs d’hommes”. Transpercés par cette phrase, ils découvriront pas à pas que vivre en pêchant des poissons était peu de chose, mais que prendre le large sur la Parole de Jésus est le secret de la joie. Le Seigneur fait ainsi avec nous : il nous cherche là où nous sommes, il nous aime comme nous sommes et avec patience il accompagne nos pas. Comme ces pêcheurs, il nous attend, nous aussi, sur les rives de la vie. Avec sa Parole il veut nous faire changer de cap, afin que nous arrêtions de vivoter et que nous prenions le large à sa suite.

 

C’est pourquoi, chers frères et sœurs, nous ne devons pas renoncer à la Parole de Dieu. C’est la lettre d’amour écrite pour nous par Celui qui nous connaît comme personne d’autre : en la lisant, nous entendons à nouveau sa voix, nous contemplons son visage, nous recevons son Esprit. La Parole nous fait proches de Dieu : ne la tenons pas loin. Portons-la toujours avec nous, en poche, dans le téléphone ; donnons-lui une place digne dans nos maisons. Mettons l’Evangile dans un endroit où nous nous rappelons de l’ouvrir quotidiennement, peut-être au début et à la fin de la journée, pour que, parmi tant de paroles qui arrivent à nos oreilles, quelque verset de la Parole de Dieu arrive à notre cœur. Pour faire cela, demandons au Seigneur la force d’éteindre la télévision et d’ouvrir la Bible ; de fermer le téléphone portable et d’ouvrir l’Evangile. En cette année liturgique nous lisons celui de Marc, le plus simple et le plus bref. Pourquoi ne pas le lire aussi tout seuls, un petit passage chaque jour ? Cela nous fera sentir le Seigneur proche et nous donnera le courage sur le chemin de la vie.

 

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MESSE EN LA SOLENNITÉ DE L'ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR

 

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

 

Basilique vaticane, Lundi 6 janvier 2020

 

Dans l’Evangile (Mt 2, 1-12), nous avons entendu que les Mages commencent par manifester leurs intentions: « Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui » (v. 2). Adorer est l’objectif de leur parcours, le but de leur cheminement. En effet, arrivés à Bethléem, « ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, ils se prosternèrent devant lui » (v. 11). Si nous perdons le sens de l’adoration, nous perdons le sens de la marche de la vie chrétienne, qui est un cheminement vers le Seigneur, non pas vers nous. C’est le risque contre lequel l’Evangile nous met en garde, en présentant, à côté des Mages, des personnages qui n’arrivent pas à adorer.

 

Il y a surtout le roi Hérode, qui utilise le verbe adorer, mais avec une intention fallacieuse. Il demande, en effet, aux Mages de l’informer sur le lieu où se trouve l’Enfant « pour que – dit-il – j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui » (v. 8). En réalité, Hérode n’adorait que lui-même, et c’est pourquoi il voulait se libérer de l’Enfant par le mensonge. Qu’est-ce que cela nous enseigne ? Que l’homme, quand il n’adore pas Dieu, est amené à adorer son moi. Et même la vie chrétienne, sans adorer le Seigneur, peut devenir un moyen raffiné pour s’affirmer soi-même et son talent : des chrétiens qui ne savent pas adorer, qui ne savent pas prier en adorant. C’est un risque sérieux : nous servir de Dieu plutôt que de servir Dieu. Combien de fois n’avons-nous pas échangé les intérêts de l’Evangile avec les nôtres, combien de fois n’avons-nous pas couvert de religiosité ce qui nous arrangeait, combien de fois n’avons-nous pas confondu le pouvoir selon Dieu, qui est de servir les autres, avec le pouvoir selon le monde, qui est de se servir soi-même !

 

En plus d’Hérode, il y a d’autres personnes dans l’Evangile qui n’arrivent pas à adorer : ce sont les chefs des prêtres et les scribes du peuple. Ils indiquent à Hérode, avec une précision extrême, où serait né le Messie : à Bethléem de Judée (cf. v. 5). Ils connaissent les prophéties et les citent avec exactitude. Ils savent où aller – des grands théologiens, des grands ! –, mais n’y vont pas. De cela aussi, nous pouvons tirer un enseignement. Dans la vie chrétienne, il ne suffit pas de savoir : sans sortir de soi-même, sans rencontrer, sans adorer, on ne connaît pas Dieu. La théologie et l’efficacité pastorale servent à peu de choses ou même à rien si on ne plie pas les genoux ; si on ne fait pas comme les Mages, qui ne furent pas seulement des savants organisateurs d’un voyage, mais qui marchèrent et adorèrent. Quand on adore, on se rend compte que la foi ne se réduit pas à un ensemble de belles doctrines, mais qu’elle est la relation avec une Personne vivante à aimer. C’est en étant face à face avec Jésus que nous en connaissons le visage. En adorant, nous découvrons que la vie chrétienne est une histoire d’amour avec Dieu, où les bonnes idées ne suffisent pas, mais qu’il faut lui accorder la priorité, comme le fait un amoureux avec la personne qu’il aime. C’est ainsi que l’Eglise doit être, une adoratrice amoureuse de Jésus son époux.

 

Au début de l’année, redécouvrons l’adoration comme une exigence de la foi. Si nous savons nous agenouiller devant Jésus, nous vaincrons la tentation de continuer à marcher chacun de son côté. Adorer, en effet, c’est accomplir un exode depuis l’esclavage le plus grand, celui de soi-même. Adorer, c’est mettre le Seigneur au centre pour ne pas être centrés sur nous-mêmes. C’est remettre les choses à leur place, en laissant à Dieu la première place. Adorer, c’est mettre les plans de Dieu avant mon temps, mes droits, mes espaces. C’est accueillir l’enseignement de l’Ecriture : « C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras » (Mt 4, 10). Ton Dieu : adorer c’est se sentir d’appartenir mutuellement avec Dieu. C’est lui dire “tu” dans l’intimité, c’est lui apporter notre vie en lui permettant d’entrer dans nos vies. C’est faire descendre sa consolation sur le monde. Adorer, c’est découvrir que, pour prier, il suffit de dire : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 28), et se laisser envahir par sa tendresse.

 

Adorer, c’est rencontrer Jésus sans une liste des demandes, mais avec l’unique demande de demeurer avec lui. C’est découvrir que la joie et la paix grandissent avec la louange et l’action de grâce. Quand nous adorons, nous permettons à Jésus de nous guérir et de nous changer. En adorant, nous donnons au Seigneur la possibilité de nous transformer avec son amour, d’illuminer nos obscurités, de nous donner la force dans la faiblesse et le courage dans les épreuves. Adorer, c’est aller à l’essentiel : c’est la voie pour nous désintoxiquer de nombreuses choses inutiles, des dépendances qui anesthésient le cœur et engourdissent l’esprit. En adorant, en effet, on apprend à refuser ce qu’il ne faut pas adorer : le dieu argent, le dieu consommation, le dieu plaisir, le dieu succès, notre moi érigé en dieu. Adorer, c’est se faire petit en présence du Très Haut, pour découvrir devant Lui que la grandeur de la vie ne consiste pas dans l’avoir, mais dans le fait d’aimer. Adorer, c’est nous redécouvrir frères et sœurs devant le mystère de l’amour qui surmonte toute distance : c’est puiser le bien à la source, c’est trouver dans le Dieu proche le courage d’approcher les autres. Adorer, c’est savoir se taire devant le Verbe divin, pour apprendre à dire des paroles qui ne blessent pas, mais qui consolent.

 

Adorer, c’est un geste d’amour qui change la vie. C’est faire comme les Mages : c’est apporter au Seigneur l’or, pour lui dire que rien n’est plus précieux que lui ; c’est lui offrir l’encens, pour lui dire que c’est seulement avec lui que notre vie s’élève vers le haut ; c’est lui présenter la myrrhe, avec laquelle on oignait les corps blessés et mutilés, pour promettre à Jésus de secourir notre prochain marginalisé et souffrant, parce que là il est présent. D’habitude, nous savons prier – nous demandons, nous remercions le Seigneur –, mais l’Eglise doit encore aller plus loin avec la prière d’adoration, nous devons grandir dans l’adoration. C’est une sagesse que nous devons apprendre tous les jours. Prier en adorant : la prière d’adoration.

 

Chers frères et sœurs, aujourd’hui chacun de nous peut se demander : “Suis-je un chrétien adorateur ?”. De nombreux chrétiens qui prient ne savent pas adorer. Faisons-nous cette demande. Trouvons du temps pour l’adoration dans nos journées et créons des espaces pour l’adoration dans nos communautés. C’est à nous, comme Eglise, de mettre en pratique les paroles que nous avons priées aujourd’hui dans le Psaume : “Toutes les nations, Seigneur, se prosterneront devant toi”. En adorant, nous aussi, nous découvrirons, comme les Mages, le sens de notre cheminement. Et, comme les Mages, nous expérimenterons « une très grande joie » (Mt 2, 10).

 

LE MERVEILLEUX SIGNE DE LA CRECHE

Le merveilleux signe de la crèche, si chère au peuple chrétien, suscite toujours stupeur et émerveillement. Représenter l’événement de la naissance de Jésus, équivaut à annoncer le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu avec simplicité et joie. La crèche, en effet, est comme un Évangile vivant, qui découle des pages de la Sainte Écriture.

En contemplant la scène de Noël, nous sommes invités à nous mettre spirituellement en chemin, attirés par l’humilité de Celui qui s’est fait homme pour rencontrer chaque homme. Et, nous découvrons qu’Il nous aime jusqu’au point de s’unir à nous, pour que nous aussi nous puissions nous unir à Lui.

Par cette lettre je voudrais soutenir la belle tradition de nos familles qui, dans les jours qui précèdent Noël, préparent la crèche. Tout comme la coutume de l’installer sur les lieux de travail, dans les écoles, les hôpitaux, les prisons, sur les places publiques (…)

Faire une crèche dans nos maisons nous aide à revivre l’histoire vécue à Bethléem (…) à imaginer les scènes, stimule notre affection et nous invite à nous sentir impliqués dans l’histoire du salut, contemporains de l’événement qui est vivant et actuel dans les contextes historiques et culturels les plus variés (…)

En regardant la scène de la crèche, nous sommes appelés à réfléchir sur la responsabilité de tout chrétien à être évangélisateur. Chacun de nous devient porteur de la Bonne Nouvelle pour ceux qu’il rencontre, témoignant, par des actions concrètes de miséricorde, de la joie d’avoir rencontré Jésus et son amour. (…)
Les Mages nous enseignent qu’on peut partir de très loin pour rejoindre le Christ (…). Ils ne se laissent pas scandaliser par la pauvreté de l’environnement ; ils n’hésitent pas à se mettre à genoux et à l’adorer. Devant lui, ils comprennent que, tout comme Dieu règle avec une souveraine sagesse le mouvement des astres, ainsi guide-t-il le cours de l’histoire, abaissant les puissants et élevant les humbles (…)

Chers frères et sœurs, la crèche fait partie du processus doux et exigeant de la transmission de la foi. Dès l’enfance et ensuite à chaque âge de la vie, elle nous apprend à contempler Jésus, à ressentir l’amour de Dieu pour nous, à vivre et à croire que Dieu est avec nous et que nous sommes avec lui, tous fils et frères grâce à cet Enfant qui est Fils de Dieu et de la Vierge Marie ; et à éprouver en cela le bonheur. À l’école de saint François, ouvrons notre cœur à cette grâce simple et laissons surgir de l’émerveillement une humble prière : notre « merci » à Dieu qui a voulu tout partager avec nous afin de ne jamais nous laisser seuls.
Pape François,
Lettre apostolique «Admirabile signum», 1er décembre 2019

Message aux paroissiens pour le 4è dimanche de l'Avent

Message aux paroissiens pour le 29 novembre

Message aux paroissiens pour le 15 novembre 2020

Message aux paroissiens pour la fête de la Toussaint 2020

Message aux paroissiens pour le 13è dimanche du Temps ordinaire, 28 juin

  Message du Père Jérôme Angot pour la Fête du Saint-Sacrement

  Message du Père Jérôme Angot pour la Slennité de la Sainte Trinité

Message du Père Jérôme Angot pour la Fête de la Pentecôte

  Message du Père Jérôme Angot pour le 6è dimanche du Temps pascal

  Message du Père Jérôme Angot pour le 5è dimanche du Temps pascal

   Message du Père Jérôme Angot pour le 4è dimanche du Temps pascal

  Dimanche 3 mai - Journée annuelle de prière pour les vocations

    Message du Père Jérôme Angot, pour le 3è dimanche du Temps pascal 

 

Message du Père Jérôme Angot, pour le 2è dimanche du Temps pascal

    Message du Père Jérôme Angot,  pour la Fête de Pâques

Homélie du Pape François durant la cérémonie de la Bénédiction Urbi et Orbi :

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Les évêques de France ont invité les Français à un geste commun

le jeudi 25 mars à 19h30.

 

Ils ont proposé en même temps que les cloches de toutes les églises de France sonnent ce soir-là, en signe de communion et de solidarité

 

 

COVID 19

 

MESSAGE DES ÉVÊQUES DE FRANCE AUX CATHOLIQUES

ET À TOUS NOS CONCITOYENS

 

NOTRE PAYS, AVEC DE NOMBREUX AUTRES, TRAVERSE UNE GRANDE ÉPREUVE. LE CHEF DE L’ÉTAT NOUS APPELLE À LAISSER DE CÔTÉ NOS DIVISIONS ET À VIVRE CE TEMPS DANS LA FRATERNITÉ. C’EST POURQUOI NOUS AVONS VOULU QUE CE MESSAGE DESTINÉ EN PREMIER LIEU AUX CATHOLIQUES S’ADRESSE AUSSI À TOUS NOS CONCITOYENS SANS DISTINCTION.    
NOUS LE FAISONS DANS UN ESPRIT D’HUMILITÉ, MAIS AVEC LA CERTITUDE QUE LA FOI CHRÉTIENNE A UNE MISSION SPÉCIFIQUE DANS CE MONDE ET QU’ELLE NE DOIT PAS S’Y DÉROBER. NOUS PENSONS AUSSI À TOUS CEUX ET CELLES QUI PARTAGENT AVEC NOUS LA FOI EN DIEU ET LA CONVICTION QU’IL ACCOMPAGNE NOTRE VIE. NOUS PENSONS ENFIN À TOUS CEUX ET CELLES QUI NE CROIENT PAS MAIS SOUHAITENT QUE LA SOLIDARITÉ ET L’ESPRIT DE SERVICE S’ACCROISSENT ENTRE LES HOMMES.   
À TOUS, NOUS DISONS NOTRE DÉSIR QUE NOTRE COMMUNAUTÉ NATIONALE SORTE GRANDIE DE CETTE ÉPREUVE. DEPUIS BIEN DES ANNÉES DÉJÀ NOTRE HUMANITÉ A L’INTUITION QU’ELLE DOIT CHANGER RADICALEMENT SA MANIÈRE DE VIVRE. LA CRISE ÉCOLOGIQUE NOUS LE RAPPELLE SANS CESSE, MAIS LA DÉTERMINATION A FAIT LARGEMENT DÉFAUT JUSQU’ICI POUR PRENDRE ENSEMBLE LES DÉCISIONS QUI S’IMPOSENT ET POUR S’Y TENIR. OSONS LE DIRE, L’ÉGOÏSME, L’INDIVIDUALISME, LA RECHERCHE DU PROFIT, LE CONSUMÉRISME OUTRANCIER METTENT À MAL NOTRE SOLIDARITÉ. NOUS AVONS LE DROIT D’ESPÉRER QUE CE QUE NOUS VIVONS EN CE MOMENT CONVAINCRA LE PLUS GRAND NOMBRE, QU’IL NE FAUT PLUS DIFFÉRER LES CHANGEMENTS QUI S’IMPOSENT: ALORS, CE DRAME PORTEUR D’ANGOISSE N’AURA PAS ÉTÉ TRAVERSÉ EN VAIN.

 

 

 

 

Gaudete et Exultate : Exhortation apostolique du Pape François

 

 L'appel à la sainteté dans le monde actuel

A lire, sur le site du Vatican, en français :

 

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20180319_gaudete-et-exsultate.html

 

L'église

Place Saint Thomas d'Aquin

75007 Paris

Presbytère et secrétariat

1, rue Montalembert

75007 Paris

Téléphone : 01 42 22 59 74

Horaires des messes

Messes dominicales : samedi, 18h30 ; dimanche, 9h30 (hors vacances scolaires), 11h et 18h30.

Messes en semaine du lundi au vendredi : 12h15 (hors vacances scolaires) et 18h30

Horaires d'ouverture  de l'église

En période scolaire :

Du lundi au vendredi : 9h-19h15

Accueil du lundi au vendredi :  10h-12h / 14h30-17h

 

Accueil de prêtre Du lundi au samedi : Un prêtre reçoit chaque après-midi entre 17h00 et 18h30.

 

Samedi : 9h-12h / 14h30-19h30

Dimanche : 9h-12h/16h-19h30

 

Pendant les mois de juillet et août :

Du mardi au samedi : 10h-12h  /17h-19h30

Dimanche : 10h30-13h

Eglise fermée le lundi

A ne pas manquer

Prière des Mères

lundi à 9h00 à l'église.

Resp. : portia-ct@wanadoo.fr

 

Chapelet à l'église

Jeudi à 18h et tous les jours des mois de Marie : octobre et mai.

 

Adoration du Saint Sacrement 

Le mardi et le jeudi entre 19h et 19h30 en période scolaire

La Vidéo mensuelle du Pape

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Année        Sainte Geneviève

 

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