Editorial de la semaine
Dimanche 10 mai 2026
« Moi, je prierai le Père, il vous donnera l’Esprit de vérité, dit Jésus«
Les Pères du désert sont attentifs à l’action de l’Esprit-Saint et bien souvent leurs disciples les interrogent à ce sujet. En découvrant leurs écrits, un fidèle du Christ réalise qu’une même vie dans l’Esprit-Saint lui est accessible. Aujourd’hui encore notre esprit et notre cœur s’éveillent à la délicatesse de l’inhabitation de l’Esprit-Saint en ce monde. Il éclaire nos pensées et nous rend attentifs aux propos de nos frères. Il nous apprend à discerner les chemins de l’évangile dans ce monde.
L’Esprit-Saint insuffle en nous une parole de l’Ecriture Sainte. Si nous prenons le temps de nous l‘approprier, il nous permet d’y reconnaître une source d’encouragement, de dépassement de certaines de nos limites, de transformation intérieure pour passer de l’être ancien soumis au péché à l’humanité saisie par le souffle divin afin de produire une œuvre qui ne soit pas seulement la nôtre mais celle de Dieu en nous.
Les pères du désert nous ont transmis leur expérience de la prière. Elle peut devenir la nôtre. La prière du Notre Père reçue du Seigneur est incomparable. La proclamer, la méditer est une invitation quotidienne. La prière des psaumes accompagne jour après jour la vie de l’Eglise. Une seule phrase peut retenir notre attention, notre vigilance, la respiration de notre âme. Nous apprenons alors à la laisser résonner, sans chercher à savoir où cela nous conduira, sans chercher à maîtriser ce moment de la prière. Alors l’Esprit-Saint « nous donne accès, affirme Grégoire le Sinaïte, à la prière spirituelle, lorsque l’Esprit-Saint opère dans le cœur. » Il nous attire à lui, « adhérant aux paroles du Seigneur » et réalise notre vocation à ne faire qu’un avec Jésus-Christ. Il nous appartient de permettre à l’Esprit-Saint d’agir en nous à la manière qui lui plaît.
Il nous arrive parfois de nous décourager dans la prière. La prière n’est pas un processus contrôlable produisant les mêmes effets à tout moment (bienfait, vivacité de l’esprit, repos en Dieu). Nous ne recherchons pas dans la prière un état d’esprit, une modification de notre état de conscience mais ce que Dieu veut, comme il le veut. L’Esprit-Saint module en nous notre aspiration religieuse pour lui donner une orientation sainte. Peu à peu nous saisissons, affirme Grégoire le Sinaïte dans sa petite Philocalie, ce qui se produit dans nos cœurs en invoquant le nom de Jésus-Christ. « Dieu consume les passions. Tantôt l’Esprit-Saint attire à lui notre esprit jusqu’à devenir capable de « voir Dieu dans la contemplation autant que cela se peut » ».
« La conversion de l’esprit vers lui-même, affirme Grégoire de Palamas, consiste à se garder lui-même : son ascension vers Dieu s’opère avant tout par la prière : tantôt prière ramassée et concentrée, tantôt prière plus étendue, ce qui est alors plus laborieux. Celui qui persévère dans cette concentration de l’esprit et cet essor vers Dieu, en contenant énergiquement les évasions de sa pensée, s’approche intérieurement de Dieu, entre en possession des biens ineffables, goûte le siècle futur, connaît par le sens spirituel combien le Seigneur est bon, suivant la parole du psalmiste : Goûtez et voyez comme le Seigneur est bon ! »
Père Michel Esposito
1ère lecture : Ac 8, 5-8.14-17
2è lecture : 1 P 3, 15-18
Evangile : Jn 14, 15-21