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Editorial de la semaine

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 » Servons Dieu d’une manière qui lui soit agréable. » (Heb 12, 28)

La place de l’église dans un village est plus facilement localisable que dans une grande agglomération. L’exode rural a transformé le paysage urbain. Celui-ci s’est progressivement densifié jusqu’à l’émergence de mégapoles.  Depuis lors, l’église a eu tendance à se faire plus discrète. Il a même été nécessaire de construire des cathédrales, par exemple à Créteil ou encore à Evry en Île-de-France. La visibilité de la communauté chrétienne change inévitablement dans ce contexte. Ce que l’Eglise a perdu en visibilité comment le rendre présent dans notre environnement social ? Sans doute par l’empressement de chaque fidèle à servir le Seigneur. 

Placer le Christ au centre de nos désirs, de notre quête du bonheur, de nos relations est une disposition à cultiver rappelait le pape Léon à Rome en juillet dernier aux 800 000 jeunes réunis à l’occasion de l’année jubilaire.

La foi engage notre vie personnelle et notre relation aux autres à une époque donnée dans un contexte social particulier. En 1215, alors que le Concile du Latran répondait à une situation religieuse complexe apparaissaient les figures de la sainteté de Sainte Claire, de saint François, de saint Dominique. Le même Esprit-Saint est à l’œuvre aujourd’hui.

La foule réunie autour de Jésus un jour l’adule (Mt 4,23-25) et à un autre moment le rejette. (Mc 6,1-6) Quel que soit le nombre de baptisés réunis en un lieu, la seule question posée à chacun est la suivante de la part du Seigneur : « toi, par ta manière de vivre, de penser, d’agir à ma suite, qui dis-tu que je suis à tes contemporains » ? Une assemblée chrétienne, vitalisée par le don de Dieu exprime bien plus qu’une pensée religieuse stéréotypée. (Jn. 17,16)

Ce que nous sommes appelés à être à la suite du Christ, voilà ce qui importe. Le processus de sanctification est à l’œuvre aujourd’hui comme la communion des saints l’atteste. D’où cet appel de l’épître aux Hébreux à servir Dieu d’une manière qui lui soit agréable. 

Le Christ et lui seul est la pierre angulaire de l’Eglise. Les fidèles, quel que soit leur état de vie, savent d’où ils viennent et ce qu’ils deviennent. Ils sont issus du Corps du Christ par le baptême et l’eucharistie. Leur existence est itinérante, accomplissement (encore partielle) de la volonté du Père, réel engendrement à la vie divine, trouvant par grâce dans les dons de l’Esprit-Saint la source de leur unité et de leur fidélité. 

La rentrée scolaire paroissiale s’inscrit dans cette profonde conviction spirituelle. Ensemble, chemin faisant, nous nous laisserons immerger dans l’espérance afin de vouloir au plus intime de nous-mêmes ce que Dieu veut, d’aimer ce que Dieu nous donne, d’aimer et de contempler le Christ, parfaite image du Père. 

Ce qui nourrit l’élan de notre cœur, écrit saint Augustin (commentaire du Ps. 26), c’est le fait que « le Christ a répandu son sang pour nous incorporer à lui (faire corps dans l’Eglise est une grâce) en sorte que nous soyons Christ en lui. » Pour cela nous recevons l’onction de l’Esprit-Saint. Ainsi « tous nous sommes en lui des Christs et nous sommes le Christ, puisque l’on peut dire que le Christ total est tête et corps ».              

 Michel Esposito, curé

« La prière ardente de l’Eglise montait sans relâche vers Dieu »

Quel contraste entre la prière insistante de l’Eglise pour Pierre alors placé sous bonne garde, entravé, prisonnier et le sommeil de Pierre ! Comme si ce dernier, porté par la prière de l’Eglise, expérimentait à quel point cette prière produisait en lui une paix intérieure. La puissance de la prière détourne le regard du seul danger immédiat et réel que Pierre doit cependant affronter. 

Nul ne peut savoir à l’avance ce qui va résulter de la prière, laquelle n’est pas une simple supplique adressée à Dieu pour que tout danger disparaisse. La providence divine est à l’œuvre ici et maintenant et la prière nous y ajuste. Il ne s’agit pas de préserver le disciple de toute difficulté mais de relever celui qui peine, de produire l’espérance là où le péril surgit. 

« Saint Paul et Saint Pierre, affirme saint Jean Chrysostome, étaient les colonnes et les tours de l’Église. La prière brisa les fers de l’un et ouvrit la bouche de l’autre. Mais ne nous bornons pas à rappeler les faits de ce temps-là pour établir la double vertu de la prière ; servons-nous encore de ce que nous voyons chaque jour, et rappelons à notre mémoire la prière que le peuple prononce. Lorsque vous entendez (au cours de la liturgie) le diacre s’écrier : « Prions pour l’évêque, pour sa vieillesse, pour son salut, afin qu’il traite avec droiture la parole de vérité ; pour les personnes ici présentes et pour celles qui sont ailleurs, » vous n’hésitez pas à exécuter et vous priez avec ferveur, parce que vous comprenez la puissance que donne cette union. »

Les évènements du monde obéissent à des logiques sociologiques économiques, politiques sans s’y limiter.  Hier Hérode Agrippa choisissait d’arrêter Pierre. Sans doute était-il désireux de préserver une certaine conception de l’ordre social. A tout prix ? Sans doute. Sa décision privait Pierre de sa liberté d’action sans pour autant entraver l’œuvre de Dieu, l’annonce de l’évangile. « Le roi Hérode entreprit de mettre à mal certains membres de l’Église. » Une décision au service de l’opinion publique (Ac 12,3) plus que de la recherche de la vérité et de la justice.

On observe à toute époque des croyants concernés directement ou indirectement par la persécution religieuse. Ils continuent bien souvent à se tourner vers le souverain Créateur, Père miséricordieux et bienveillant, vers le Christ rédempteur, vers l’Esprit sanctificateur car l’espérance ne déçoit pas un cœur pénétré de la gloire divine. Lorsque Paul écrit « tous m’ont abandonné », il reconnaît une terrible traversée du désert et en même temps il rajoute : « le Seigneur lui m’a assisté, m’a rempli de force, pour que par moi la proclamation de l’Evangile s’accomplisse ». (2 Tm 4,16-17)

Lorsque Pierre n’était pas encore porté par la prière de l’Eglise, il lui arrivait de vaciller (Mc 14,22-33) mais par la suite il a donné le témoignage ultime de l’offrande sa vie à Rome, le témoignage de la foi. Contre les vicissitudes du passé, les sources d’angoisse, les inquiétudes de l’avenir, portés par la prière de l’Eglise, et donc par la nôtre pour partie, accueillons jour après jour la grâce du moment présent, le don de Dieu, l’énergie de l’espérance.

Père Michel Esposito, curé

Auteur :Sébastien Delprat

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