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Editorial de la semaine

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Être lumière, une vocation qui se vit !

« Vous êtes la lumière du monde. » Cette parole de Jésus n’est ni un slogan spirituel ni un compliment flatteur. Elle est un appel exigeant, une mission confiée à chacun de nous. Être lumière ne se proclame pas avec des mots : cela se vit, jour après jour, dans toute notre existence. La question essentielle demeure alors : sur quoi bâtissons-nous le sens de notre vie ?

Car on ne peut donner la lumière que si l’on vit soi-même de la lumière. Une lumière artificielle, empruntée ou passagère finit toujours par s’éteindre, laissant place à la fatigue, à la déception et au vide intérieur. Combien de vies aujourd’hui reposent sur des lumières trompeuses — le succès, le pouvoir, la reconnaissance, l’apparence — et se retrouvent désemparées lorsque ces projecteurs s’éteignent.

La lumière authentique ne vient pas de nous. Elle vient du Christ, Lumière du monde, lumière éternelle qui ne s’éteint jamais. Lui seul peut éclairer nos cœurs, purifier nos intentions, orienter nos choix et donner sens à notre chemin. Sa lumière nous apprend à dire la vérité, à demander pardon, à agir avec justice et à aimer sans calcul. Mais cette lumière ne s’impose pas : elle se reçoit. Elle naît d’une rencontre personnelle et quotidienne avec le Christ. Sans cette relation vivante, notre foi risque de devenir un simple discours, notre vie chrétienne une habitude, notre témoignage une façade. Le christianisme n’est pas d’abord une morale, mais une relation : dans la Parole de Dieu priée et méditée, dans l’Eucharistie reçue avec foi, dans le pardon qui relève et guérit.

Lorsque nous demeurons en Lui, Il demeure en nous. Alors, sans effort forcé, nos actes deviennent des œuvres de lumière. Nos familles, notre travail, nos engagements, notre vie pastorale deviennent des lieux où la lumière circule, où l’espérance renaît, où la vie est transmise. Ceux que nous rencontrons perçoivent, au-delà de nos qualités humaines, la présence du Christ et rendent gloire au Père.

Être lumière, c’est aussi oser se laisser interroger : Quelle lumière est-ce que je donne aux autres ? Est-ce que je transmets la vie ou parfois l’ombre ? Mon agir est-il éclairé par une conscience formée et habitée par Dieu ?

En ce dimanche, journée de prière pour les malades, ces questions prennent une résonance particulière. La maladie fragilise, éprouve, plonge parfois dans l’obscurité. Et pourtant, c’est souvent là que la lumière du Christ se fait la plus proche, la plus douce, la plus nécessaire. L’Écriture nous le rappelle : « Si l’un de vous est malade, qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière, inspirée par la foi, sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon. » (Jacques 5, 14-15)

Prendre soin d’une personne malade s’exprime par des gestes simples, des paroles attentives, une présence fidèle et une écoute attentive. Pour le chrétien, le sacrement de l’onction des malades est le signe tangible de la proximité de Dieu dans l’épreuve. À travers l’huile consacrée, c’est le Christ lui-même qui rejoint la personne souffrante, qui la relève intérieurement, qui l’ouvre à un chemin de réconciliation, de paix et d’espérance.

Ce sacrement inscrit le mystère de la mort et de la Résurrection du Christ au cœur même de la maladie. Il donne la force d’avancer vers sa Pâque personnelle dans la confiance de la foi. Uni au Christ ressuscité, le malade découvre qu’il est aimé, soutenu et attendu de toute éternité.

Aujourd’hui plus que jamais, notre monde a besoin de témoins plus que de discours. Il a besoin de femmes et d’hommes enracinés dans la vraie Lumière, capables de rayonner paix et espérance au cœur des ténèbres. Ne tardons pas. Ne minimisons pas cet appel. Choisissons chaque jour de nous laisser illuminer par le Christ, afin que notre vie ait sens, saveur et fécondité. Alors, nous serons vraiment sel de la terre et lumière du monde, porteurs de la seule lumière qui ne s’éteint jamais.

Père Elie Kozhaya

1ère lecture : Is 58, 7-10

2è lecture : 1 Co 2, 1-5

Evangile : Mt 5, 13-16

Auteur :Sébastien Delprat

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