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Editorial de la semaine

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 » Même les cheveux de votre tête sont comptés  » 

« Le visage le plus sublime de l’humanité se découvre dans le regard que Dieu porte sur elle, dans la contemplation du dessein de Dieu. Ce n’est toutefois pas le seul prisme à travers lequel nous envisageons parfois l’existence humaine. Ce monde est également, écrit le pape Léon XIV, celui dans lequel d’autres influences se manifestent. Elles cherchent à « s’imposer à nous, à disposer de nous. » (§ 230 Magnifica humanitas)

« Au cœur du dessein de Dieu se trouve le mystère de l’Incarnation : » le Verbe s’est fait chair et Il a planté sa tente parmi nous. La chair du Fils, pauvre et vulnérable, rappelle celle de tant de frères et sœurs dépouillés de leur dignité et réduits au silence.  Par cette proximité, le don de la paix entre dans le monde de manière paradoxale : comme un pouvoir de devenir enfants de Dieu, un pouvoir qui se réveille lorsque nous nous laissons toucher par les pleurs des petits, par la fragilité des personnes âgées, par le silence des victimes, par la fatigue de ceux qui luttent contre le mal qu’ils ne voudraient pas commettre. Dans cette chair blessée et aimée, le Père nous montre la véritable humanité d’une vie qui trouve son accomplissement dans l’ouverture et la communion, jusqu’à nous faire désirer la réalisation de sa volonté sur la terre comme au ciel. » (§ 231)

« Dans les promesses du transhumanisme et de certains courants post-humanistes, qui poursuivent une humanité améliorée et presque désincarnée, nous reconnaissons un désir qui nous concerne : le besoin d’une vie plus accomplie, moins exposée aux limites et à la fragilité. L’Incarnation ouvre cependant une voie différente. Alors que les idéologies anciennes et nouvelles poussent l’homme au dépassement technique de la limite et à s’élever au-dessus des autres pour affirmer une domination, le mystère du Fils de Dieu qui entre dans notre condition décrit un mouvement opposé : le Dieu vivant descend dans notre histoire pour nous libérer de toute servitude, Il prend sur Lui notre faiblesse et la transforme en lieu de salut. Il n’y a pas un moment ou une condition de l’humain qui ne soit digne de Dieu : « Selon les enseignements de notre foi, nous adorons en nos mystères un Dieu naissant en la crèche, un Dieu vivant et voyageant en la Judée, un Dieu mourant en la croix, un Dieu mort dans le sépulcre ». L’avenir de l’humanité trouve ainsi son critère dans la capacité d’accueillir cette manière divine de se faire proche, de partager le poids du monde, de transformer les relations de l’intérieur. « Ô merveille […] que l’homme soit Dieu et ce Dieu-homme passe par tous ces degrés, supporte tous ces états et les ennoblisse, les sanctifie, les déifie en soi- même !  Ce qui sauve l’homme, c’est l’amour divin qui descend jusqu’au point le plus fragile de son histoire et la régénère du plus profond. » (§ 232)

« Dans le Christ nous comprenons que l’homme est appelé à être un collaborateur dans l’œuvre de la création, plutôt qu’un spectateur résigné face à des processus technologiques limitant sa liberté et sa responsabilité. La dignité que l’Esprit-Saint sculpte en chacun de nous se reconnaît aussi dans la capacité de réfléchir de manière critique, de choisir et d’aimer gratuitement, d’entrer dans des relations authentiques. Aucun système de calcul, aussi sophistiqué soit-il, ne génère un cœur qui se donne, ni une conscience qui discerne le bien. » (§ 233)

1ère lecture : Jr 20, 10-13

2è lecture : Rm 5, 12-15

Evangile : Mt 10, 26-33

Auteur :Sébastien Delprat

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