Editorial de la semaine
Bonne rentrée
« Ne vous conformez pas au monde présent, mais
soyez transformés par le renouvellement
de votre intelligence, pour discerner
quelle est la volonté de Dieu. » (Rm 12,1)
Notre état d’esprit, le contexte social dans lequel nous évoluons ou encore l’opinion publique exerce une réelle influence sur nous. Nous n’y prêtons pas toujours attention jusqu’au moment où certains débats agitent la société lorsque celle-ci s’interroge par exemple sur l’influence des écrans sur le développement personnel des jeunes générations. Ne nous conformons pas au monde présent mais choisissons avec soin dans la foi ce qui compte pour nous quel que soit notre mode de vie ou notre âge
Lorsque Thérèse d’Avila entre au Carmel d’Avila en 1535, elle imagine avoir ainsi rompu avec l’esprit du temps. Rien n’était moins sûr, écrit-elle des années plus tard, dans ce couvent dans lequel les religieuses n’étaient pas soumises à la clôture monastique. Certains usages de la vie sociale s’introduisaient facilement au parloir. Ce fut pourtant un chemin de sainteté.
Rentrer au carmel ne suffisait pas à répondre à l’appel singulier reçu du Seigneur. Du temps fut nécessaire découvrir la richesse de l’oraison dans la vie quotidienne. En 1554, Thérèse fit soudain l’expérience « d’un vif sentiment de la présence de Dieu. Je ne pouvais alors douter, écrit-elle, qu’il ne fût en moi ou que je ne fusse en lui. J’en suis persuadée, nous éviterions de grands maux si nous comprenions bien que l’important est de fuir tout ce qui pourrait déplaire au Seigneur. » (Livre de la vie, ch 2)
Une vingtaine d’année de vie religieuse lui apprit à discerner et à adhérer librement à la volonté du Seigneur pour orienter sa vie personnelle. Si les confesseurs de Thérèse lui demandèrent ensuite d’entreprendre le récit de son itinéraire spirituel, c’était pour soutenir les futurs lecteurs, comme Thérèse fut grandement éclairée par sa lecture des Confessions de saint Augustin. Parmi tout ce qui est accessible, tout est-il bénéfique pour accomplir notre humanité ? Quelle attitude souhaitons-nous développer avec la grâce de Dieu ? Par la puissance de la foi et par la diversité des dons de Dieu reçus, se forme toute communauté chrétienne. Pour cela, jour après jour, « réformons-nous par le renouvellement de notre esprit. Devenu par le Christ une créature nouvelle dans l’Esprit Saint, apprenons à aimer les êtres et les choses que Dieu lui-même a créées. » (Gaudium et spes 2 37)
Les dons de Dieu sont multiples. Chacun, écrit A. Khomakiov, « sera sauvé dans l’Eglise, comme l’un de ses membres, uni aux autres membres. Quelqu’un croit-il ? Il est dans l’unité de la foi. Quelqu’un aime-t-il ? Il est dans la communauté de la prière. Du fait que nul ne sait comment prier, quel sens cela aurait de prier pour soi-même ? C’est l’Esprit-Saint, l’esprit d’amour qui prie en nous. Es-tu un membre de l’Eglise, alors ton esprit est nécessaire pour tous les membres. »
Père Michel Esposito
1ère lecture : Jr 20, 7-9
2è lecture : Rm 12, 1-2
Evangile : Mt 16, 21-27