Editorial de la semaine
Bon été 2026 à tous !
| « Heureux le peuple qui marche à la lumière du Seigneur » « Un écrivain catholique du XXe siècle, écrit le Pape Léon XIV dans son encyclique Magnifica humanitas, John Ronald Reuel Tolkien, a décrit ainsi notre responsabilité humaine par la bouche de l’un des protagonistes d’un roman : « Il ne nous appartient toutefois pas de rassembler toutes les marées du monde, mais de faire ce qui est en nous pour le secours des années dans lesquelles nous sommes placés, déracinant le mal dans les champs que nous connaissons, de sorte que ceux qui vivront après nous puissent avoir une terre propre à cultiver ». La civilisation de l’amour ne naît pas d’un geste unique et spectaculaire, mais d’une somme de petites et tenaces fidélités faisant barrage à la déshumanisation. C’est pourquoi il vaut la peine de s’arrêter et d’examiner la manière dont chacun dans son domaine peut contribuer à sa construction. (§ 213) « La première contribution que nous pouvons apporter à une civilisation plus humaine est de prêter attention à nos paroles. « Désarmons les mots et nous contribuerons à désarmer la Terre ». Le pouvoir des mots est immense et nous en faisons l’expérience dans notre communication quotidienne, lorsque quelqu’un nous dit quelque chose qui modifie notre état d’esprit, en bien ou en mal. « La paix commence par chacun de nous : par la manière dont nous regardons les autres, dont nous les écoutons, dont nous parlons d’eux ; et, en ce sens, la manière dont nous communiquons est d’une importance fondamentale : nous devons dire “non” à la guerre des mots et des images, nous devons rejeter le paradigme de la guerre ». Nous devons donc tous faire un examen de conscience sur les mots que nous utilisons, sur les préjugés dont ils sont chargés et sur l’agressivité, ouverte ou latente, qui les habite. Nous avons une réelle possibilité de contribuer au bien chaque fois que nous disons la vérité, que nous donnons un conseil avisé, que nous soutenons ceux qui ont besoin de réconfort, que nous dénonçons une injustice, et que nous donnons la parole à ceux qui ne l’ont pas. » (§ 214) « Tous, à quelque niveau que ce soit, nous pouvons contribuer au fondement de la paix, qui est la justice. Nous ne recherchons pas en effet n’importe quelle paix, une absence de conflit à tout prix, mais cette paix véritable qui naît de la justice. « Il existe un lien étroit entre la justice de chacun et la paix de tous ». Commentant le verset du psaume « justice et paix s’embrassent » (Ps 85, 11b), saint Augustin écrit : « Il n’est personne pour ne point désirer la paix, mais tous ne veulent point faire la justice. […] Mais fais la justice, parce que la justice et la paix s’embrassent et ne sont point en désaccord. À quoi bon être en guerre avec la justice ? La justice te dit : Ne vole point, et tu n’entends pas ; Ne commets point l’adultère, et tu ne veux pas entendre ; Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux point qu’on te fasse ; ne dis pas à autrui ce que tu ne veux pas que l’on te dise. […] Veux-tu donc arriver à la paix ? Fais les œuvres de la justice ! ». Ne nous lassons donc pas de chercher la justice ! » (§ 215)« La paix « vient de Dieu, Dieu qui nous aime tous inconditionnellement ». C’est un don que Jésus a remis à ses disciples le jour de Pâques : « Que la paix soit avec vous ! C’est la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et une paix désarmante, humble et persévérante. » (§ 222) |