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Editorial de la semaine

Editorial de la semaine

« Il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir. »

Une longue-vue permet d’observer ce qui sans cela échappe à notre regard. En montagne l’apparition d’une fleur sous forme de clochette blanche perçant la neige annonce le printemps. Lorsqu’une intense activité diplomatique se déploie lors de graves confits internationaux un espoir de paix peut surgir.

Le matin de Pâques, un signe bien déroutant s’offre au regard : le tombeau vide de Jésus. S’agit-il d’une tragédie (« on a volé son corps ») ou d’une source d’espérance ? La mort est-elle triomphante ou défaite (Jn. 6,40) ? L’absence du corps de Jésus au tombeau puis ses apparitions furtives éprouvent les esprits et les cœurs de ses disciples et de ses amis. L’expérience est inédite

Lorsque nous observons un phénomène particulier, nous cherchons à en déterminer les conditions d’émergence, de réitération, de prévisibilité. Nous comparons une expérience à une autre. Rien de tel ici. Lorsque des prophètes étaient condamnés, mis à mort, ils exprimaient, par l’engagement total de leur vie, une fidélité sans limite au Seigneur. Leur mort était sans retour même si dans la mémoire commune on conservait le précieux souvenir de leur courage et de leurs paroles d’exhortation.

Si nous pouvons reconstituer la trame d’un événement historique, il n’en devient pas pour autant contemporain même s’il attire notre attention, notre intérêt. Qu’éprouvons-nous lorsque nous pérégrinons en Terre Sainte, la bible à la main ?  Nous traversons comme Jésus la ville de Jérusalem, nous découvrons l’emplacement du Temple, de la piscine de Bethesda…

Le temps pascal atteste bien plus qu’un passé révolu. La mort est déjouée : c’est « pour que vous deveniez des croyants que le Père a ressuscité Jésus. » (1 P17,21) Les premières femmes présentes à l’aurore firent d’abord face à la réalité d’un tombeau vide, ensuite deux disciples observèrent le linceul déposé sur le côté en l’absence du corps de Jésus. La résurrection de Jésus excède l’expérience ordinaire, voire l’expérience religieuse prophétique antérieure. (1 R 17,17-24 ; 2 R 4,32-37). Nul prophète pour faire sortir Jésus du tombeau. Nulle médiation sinon la complaisance du Père qui ne pouvait laisser l’humanité de Jésus dans l’ombre de la mort.

« Dans le judaïsme ancien, il existe l’idée selon laquelle on peut venir en aide aux défunts dans leur condition intermédiaire par la prière (cf.  2 M 12, 38-45) » Spe Salvi § 48 Mais la résurrection de Jésus introduit bien plus que cette seule conviction religieuse.

L’humanité de Jésus est toujours assumée par sa divinité qui ne pouvait demeurer obscure ou cachée. La théophanie du baptême ou de la transfiguration ne suffisent pas à exprimer la singularité de Jésus. Lui seul, le fils bien aimé du Père, lui seul dans la communion de l’Esprit-Saint peut offrir à notre humanité un autre horizon. Il se fait semblable à nous, se mêle à nous, se fait solidaire d’une humanité blessée par le péché pour la sauver de sa langueur et de son rapport si souvent destructeur à la mort. Le jour de la résurrection du Christ nous renvoie ainsi à la création, à ce premier jour où Dieu créa le monde, et il nous annonce en même temps qu’une vie nouvelle, plus forte que la mort, est en train de naître pour l’humanité.

« La résurrection du Christ « n’est pas un fait relevant du passé ; elle a une force de vie qui a pénétré le monde. Là où tout semble être mort, de partout, les germes de la résurrection réapparaissent. C’est une force sans égale. » Evangelii gaudium § 276

  Michel Esposito, curé

1ère lecture : Ac 2, 14.22b-33

2è lecture : 1 P 1, 17-21

Evangile : Lc 24, 13-35

Auteur :Sébastien Delprat

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