Editorial de la semaine
« Ayez entre vous les disposition que
l’on doit avoir dans le Christ Jésus ! » (Ph 2,5)
Ce dimanche de rentrée paroissiale, nous conservons précieusement dans nos mémoires les propos du pape Léon XIV à Paris prononcés vendredi et samedi dernier. Il nous invite à cultiver les dispositions que Dieu fait naître en nous. Ce que chacun appréhende dans la foi est utile à l’ensemble de la communauté chrétienne. Le destin de tous les baptisés est unifié dans la foi. Ce que chacun découvre de l’appel du Christ se répercute dans nos vies personnelles et ecclésiales puisqu’il s’agit des dispositions déployées par l’Esprit-Saint pour nous apprendre à glorifier le Père.
Saint Paul appelait les Philippiens à préserver le don de Dieu en eux, la source de leur unité. Non pas une unité de façade, un slogan ou une utopie mais le résultat de l’œuvre divine scellant dans l’unique amour divin la réalité de nos relations interpersonnelles et communautaires. La société chrétienne se comprend à travers sa fidélité au don de Dieu de telle sorte que ses projets et ses engagements deviennent jour après jour autant de reflets de la volonté divine, des dispositions de Dieu en nous.
L’humanité est magnifique lorsque nous commençons par y contempler la trace de Jésus le Verbe, le fils bien aimé du Père. L’humanité n’est pas sublime par elle-même, par définition … Le regard que nous portons sur certains épisodes historiques, sur certains évènements contemporains portent la marque « des révoltes, des péchés » dont le psalmiste demande au Seigneur de ne pas en garder la mémoire. La droiture et la bonté du Seigneur nous apprennent à relever les défis de la compassion et de la concorde.
Un regard extérieur, comparatif, à hauteur de drone, observe la réalité humaine de haut. De ce point d’observation, tout est déformé. Lorsque Marie apprend qu’Elisabeth va elle aussi devenir maman, elle ne retient rien de prérogatives de la grâce divine en elle mais elle se précipite chez Elisabeth avec joie et empressement.
La pensée de soi attentive à la situation du prochain, l’acceptation de sentiments dénués de tout ressentiment édifie magnifiquement l’humanité selon le cœur de Dieu, capable de « vivre les changements de ce monde à la lumière de l’Evangile en se nourrissant de l’Eucharistie. » (Pape Léon XIV, Magnifica humanitas §229)
Pourquoi ne pas commencer par choisir cinq minutes, dix, une demi-heure chaque jour au même moment pour prêter attention à une simple phrase de l’évangile, pour se mettre en présence du Seigneur en commençant par le signe de la croix et en préservant un peu de silence. Ensuite dites ce que vous souhaitez au Seigneur comme on parle à un ami. Le Seigneur serait-il le seul à qui nous n’ayons rien à dire s’interrogeait sainte Thérèse ? « L’amour de Dieu ne consiste pas à verser des larmes, à éprouver de tendres sentiments mais à servir Dieu dans la justice, la force d’âme et l’humilité ». (Thérèse d’Avila, Livre de la vie ch 11.13)
Père Michel Esposito, curé
1ère lecture : Ez 18, 25-28
2è lecture : Ph 2, 1-11
Evangile : Mt 21, 28-32